Économie

La drôle de saison des bonus des banques

Temps de lecture : 2 min

«Je te préviens, si j'ai le même bonus que l'année dernière, je mets les pieds sur la table et je lis le journal.»

«Mon homologue à Dubaï a touché deux fois plus que moi alors qu'il est nul.»

«117 millions. » Des dollars? «Non, des euros! De la vraie monnaie!»

Telles sont quelques-unes des phrases les plus marquantes figurant dans une enquête des Echos sur la «saison des bonus», qui touche à sa fin dans les grandes banques. Une saison qui «a pris une saveur particulière», les banques étant censées être plus libres après avoir remboursé les aides consenties par l’Etat durant la crise, mais devant aussi faire avec de nouvelles règles (notamment une proportion de bonus différés et en actions plus importants), avec des revenus dans les activités de marché qui n'ont pas été très bons l'an dernier et avec un grand public pour qui «les bonus sont [...] devenus totalement tabous, du moins en Europe». Cela fait que «les banquiers européens déplorent que leurs homologues américains soient bien mieux traités» et que «dans les équipes, le sentiment d'avoir perdu en rémunération est, du coup, prégnant, même si les enveloppes globales n'ont pas forcément baissé en valeur absolue, puisque dans de nombreuses banques les salaires fixes ont été relevés de 30 à 40%».

En France, le patron de la Société générale, Frédéric Oudéa, a récemment annoncé, comme l'explique l'AFP, que les bonus 2011 de sa banque de financement et d’investissement seraient stables malgré une hausse des résultats, et qu’ils baisseraient dans la division des activités de marché, dont les résultats ont diminué. Le directeur général de BNP Paribas, Baudouin Prot, a lui expliqué à l’agence Bloomberg que l’enveloppe de bonus au titre de l’année 2010 serait plus faible que celle de 2009, «sans rentrer dans les détails».

Aux-Etats-Unis, le blog Dealbreaker, qui relaie des analyses ou des gossip sur Wall Street, est une des meilleures sources sur les bonus de chaque banque et la manière dont ceux-ci sont reçus, avec sa rubrique «Bonus watch ‘11» («L’observatoire des bonus 2011»).

Ces dernières semaines, celle-ci relayait ainsi, par exemple, un mail d’un salarié américain de BNP Paribas se plaignant de ce que les bonus ne soient versés qu’à ceux qui font une année complète:

«Ils embauchent des gens au milieu de l’année pour justifier ce principe et laisser le haut du panier prendre la plus grosse part du gâteau.»

Photo: des billets de 50 euros. BlatantWorld.com via Flickr CC License by.

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