Monde

Nazileaks dans la presse allemande

Slate.fr, mis à jour le 27.02.2011 à 11 h 26

11 janvier 2011: un fichier de 13 Go est envoyé anonymement, entre autres au  Spiegel, à la Tageszeitung et au journal télévisé de l’ARD (la Tagesschau). Tous découvrent plus 60.000 mails émanant du NPD, le parti d’extrême droite allemand. Des correspondances effectuées entre mars 2010 et Janvier 2011. C’est la deuxième fois depuis 2008 que des documents internes du NPD fuitent. Tant techniquement que du point de vue du contenu, les experts n’ont détecté aucune raison de douter de leur authenticité.

Les médias choisis ont largement commenté les échanges auxquels ils ont eu accès. Le site de la Tageschau rend compte d’un «fonctionnement administratif chaotique», de «difficultés financières» et de méthodes troubles de financement:

 «Les mails analysés jusqu’ici offrent une vision précise du travail mené au sein du parti. On comprend clairement, par exemple, que la campagne électorale dans le Land de Saxe-Anhalt est largement pilotée depuis la fraction NPD du Parlement de Dresde. Cela pourrait représenter une utilisation détournée des moyens financiers d’une fraction, précise un porte-parole du Parlement de Dresde. Le NPD, lui, n’a pas souhaité s’exprimer au sujet de ces activités».

Presque tous les mails sont signés par la formule: «Mit kameradschaftlichen Grüssen», «saluts amicaux». Pourtant, relate le Spiegel, les mails révèlent une ambiance haineuse, injurieuse entre «camarades», et raciste: «Un membre du NPD de Hamburg déplore qu’un des leurs soit ami sur facebook avec “une nègre».

 La Tageschau relève d’autres signes du climat délétère au sein du parti:

«La tête de liste NPD en Saxe-Anhalt, Matthias Heyder, fait des allusions sexuelles à propos d’une militante NPD, en disant notamment qu’elle “le ferait pour 5 euros”. Un membre du bureau confédéral, dans un mail collectif, parle d’un ancien candidat comme d’un “alcoolique“.

 Dans cette ambiance peu fraternelle, le nazisme demeure une référence idéologique pour le NPD.  Certes, le Spiegel mentionne la circulaire d’un salarié bavarois exhortant de soigner l’image du parti:

«Faites d’avantage attention, cela peut très vite être interprété comme du négationnisme », met-il en garde le 19 novembre, après qu’un membre a qualifié les 6 millions de victimes de l’Holocauste de «vaste sottise».

 Mais beaucoup d’autres semblent assumer pleinement leur héritage, raconte la Tageszeitung : «Dans des mails internes, on n’hésite pas à se référer positivement au national-socialisme. Parfois, les choses sont formulées de façon codée. Et l’abréviation «88» utilisée pour «Heil Hitler» (H est la 8e lettre de l’alphabet) monnaie courante.

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