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Pékin a peur du «jasmin» et renforce la répression avant les manifestations de dimanche

Temps de lecture : 2 min

Manifestation du 20 février devant un McDo de Pékin. Carlos Barria / Reuters
Manifestation du 20 février devant un McDo de Pékin. Carlos Barria / Reuters

La Chine a peur de la contagion. Et pour éviter la propagation de la colère venue de Tunis, du Caire, de Tripoli ou de Manama, Pékin a décidé de renforcer son arsenal anti-démocratie. Les forces de sécurité sont en alerte, Internet a été mis au ralenti et les réseaux sociaux, comme Facebook, Twitter, ou YouTube ont été bloqués. Vendredi, c’est LinkedIn, réseau social professionnel sur l'internet, qui a été interdit, au moins temporairement, puisque ce samedi matin, il semblait à nouveau accessible, pointait l’AFP. Sur les sites chinois les plus fréquentés, note Jeremiah Jenne dans The Atlantic, certains termes «sensibles» ont été bloqués, comme «Hilary Clinton» ou «Jasmin».

Internet, un des vecteurs de la chute de Moubarak et de Ben Ali, fait d’autant plus peur qu’ il avait été utilisé par des militants pro-démocratie pour inviter les Chinois à se «rassembler dans 13 villes pour demander plus de transparence gouvernementale et de liberté d'expression», rappelle l’agence.

Dimanche dernier, ce mouvement n’a pas rencontré un large succès, mais il n’a pas empêché ses organisateurs à lancer un nouvel appel pour dimanche, écrit Jeremiah Jenne, encore plus ambitieux. Les militants ont utilisé un site en langue chinoise basé aux Etats-Unis, Boxun, pour demander aux Chinois de marcher dans 23 villes. Pour participer, il suffit juste de «déambuler, de regarder, ou de prétendre simplement “passer par là”. Aussi longtemps que vous serez présent, le gouvernement sera effrayé». La semaine dernière, un de ces rassemblements avait eu lieu devant le McDo de WangFujing, un des quartiers les plus touristiques de Pékin, comme le racontait le journaliste français Jordan Pouille sur son blog.

La répression du mouvement démocratique ne se passe pas que sur le Net, rappelle Jenne. Plusieurs militants ont été arrêtés, et le simple fait de faire circuler des informations sur la «révolution du Jasmin» est passible d’une inculpation pour «incitation à la subversion».

La présence policière devrait également se renforcer: subtilement, comme devant le McDo de WangFujing où les autorités de Pékin ont disposé des barrières de travaux pour casser la taille de la place; ou en force, en augmentant le nombre de policiers dans les rues. Jenne tente un pari : il y aura plus de policiers et de journalistes, «voire de simples curieux» (des vrais), pas du genre souhaités par les démocrates.

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