France

Après celles des diplomates, la tribune de MAM

Slate.fr, mis à jour le 25.02.2011 à 10 h 22

Pour clore une semaine où la diplomatie française a décidé d’étaler ses désaccords internes dans la presse nationale, c’est au tour de Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères qui subit de vives critiques depuis le début de l’année, de se fendre d’une tribune dans le journal Le Monde daté du 25 février. Et dès les premières lignes, le ton amical du texte est donné:

«Ce n'est pas parce que quelques courageux anonymes publient une tribune dans Le Monde daté du 23 février que leurs propos ont le poids de la vérité. […] On peut contester les choix du gouvernement mais quand on est fier et sûr de ses opinions on les assume et on les signe.»

Quelques jours plus tôt, dans Le Monde (mis en ligne le 22 février), un groupe de diplomates «certains actifs, d'autres à la retraite, et d'obédiences politiques variées» avait ouvert les hostilités en publiant une tribune collective critique de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy sous le pseudonyme «Marly», du nom du café où ils se sont réunis pour la première fois. Extrait:

«Notre suivisme à l'égard des Etats-Unis déroute beaucoup de nos partenaires. […] Les diplomates sont désignés comme responsables des déconvenues de notre politique extérieure. Ils récusent le procès qui leur est fait. La politique suivie à l'égard de la Tunisie ou de l'Egypte a été définie à la présidence de la République sans tenir compte des analyses de nos ambassades. C'est elle qui a choisi MM. Ben Ali et Moubarak comme "piliers sud" de la Méditerranée.»

La première réponse était venue d’un autre groupe de diplomates anonymes, qualifiant le premier d’«orfèvres autoproclamés de leur métier» dans une tribune au Figaro le 24 février:

«Derrière ce dénigrement péremptoire, comment ne pas voir la main d'une petite camarilla de frustrés? Elle a laissé sur son pamphlet des traces de doigts qui les désignent. Qui sont-ils? Les héritiers d'une caste endogame qui pense que le pouvoir politique doit s'aligner sur les notes de fonctionnaires infaillibles.»

La ministre des Affaires étrangères est moins virulente envers les diplomates anonymes qui ont lancé cette guerre des mots, mais signe quelques phrases qui en feront sourire certains au vu des récentes prouesses de la diplomatie française, comme celle-ci: «La diplomatie c'est une action en phase avec un monde qui change.» Sur Slate, le spécialiste des relations internationales Daniel Vernet ne partage pas ce constat:

«Quand la révolte populaire gagnait les rues de Tunis et du Caire, on a eu l’impression que la préférence pour la stabilité l’emportait sur toute autre considération. La diplomatie française voyait disparaitre ses partenaires traditionnels sur lesquels elle comptait, par exemple, pour son Union pour la Méditerranée, sans avoir envisagé une solution de rechange.»

Photo: Michèle Alliot-Marie, le 30 janvier 2010 à Paris. REUTERS/Gonzalo Fuentes

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