France

Boris Boillon peut-il faire condamner des médias pour sa photo?

Slate.fr, mis à jour le 24.02.2011 à 11 h 09

Boris Boillon, le nouvel ambassadeur de France en Tunisie qui a réussi en quelques jours à se mettre à dos une bonne partie de l’opinion publique tunisienne, a menacé mercredi 23 février de poursuivre en justice toutes les personnes utilisant des images de lui destinées à un usage privé. Petit rappel des faits. Après la chute de Ben Ali et les errements répétés de la diplomatie française sur ce dossier, Boris Boillon est nommé début février pour rétablir de bonnes relations entre la France et la Tunisie. Marianne 2 dresse alors son portrait:

«Il incarne le prototype de l’homo diplomaticus moderne sous l’ère Sarkozy. Boris Boillon est jeune, “bogoss”, et connecté. Un sarkoboy exemplaire. Loin  de l’image surannée du diplomate “Ferrero”, Boris Boillon la joue plus James Bond 2.0, posant torse nu sur sa page Copainsdavant.com histoire d’exhiber une musculature solide et se rappeler aux bons souvenirs de ses ancien(ne)s camarades de classe.»

Mais depuis ce portrait du 17 février, une vidéo montrant un Boris Boillon condescendant envers les journalistes tunisiens pour sa première rencontre avec ces derniers a circulé sur Internet, déclenchant une campagne anti-Boillon en Tunisie.

La photo de l’ambassadeur exhibant ses muscles est détournée, reprise dans les médias et même brandie par une Marine Le Pen s’exclamant «ça suffit les sarkoboy» sur un plateau de télévision.

Face à la médiatisation de la photo, l’ambassadeur menace donc d’attaquer en justice les médias, auxquels il «n’a pas donné autorisation […] de diffuser et de publier des images privées, prises à l’occasion de moments privés et destinées à un usage privé». Les médias en question ont-ils de quoi s’inquiéter?

Sur son blog Low Blogging, Christophe Carron, par ailleurs responsable éditorial de Voici.fr, tente de répondre à la question:

«Techniquement, si l’on suit l’article 9 du code civil, Boris Boillon est fondé à demander le retrait de sa photo. Même s’il l’a mise tout seul comme un grand sur Copains d’avant et qu’il argue désormais, avec force mauvaise foi, de son aspect privé. Car publication sur ce site n’implique pas autorisation implicite de réutilisation ailleurs. Techniquement encore, il peut gagner des dommages et intérêts.»

Mais Christophe Carron souligne le précédent Zahia. Zahia D, l’«escort girl» de l'équipe de France, avait assigné en référé le magazine VSD, qui avait fait paraître des photos tirées de son Facebook. Mais le tribunal de grande instance de Paris l'avait déboutée, estimant que ces images constituent «une illustration pertinente d’un événement d’actualité».

Photo: Boris Boillon, REUTERS/Eric Gaillard 

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