Life

La presse anglaise répond à Marc Lièvremont

Slate.fr, mis à jour le 22.02.2011 à 10 h 33

Les matchs de rugby entre la France et l’Angleterre dans le Tournoi des six nations ont toujours une saveur particulière. L’affiche de cette année, qui se joue samedi 26 février à Twickenham, près de Londres, ne dérogera pas à la règle. Côté sportif, l’équipe de France, tenante du titre et vainqueur du grand chelem en 2010, se déplace chez le favori pour ce qui représente une véritable finale avant l’heure. Mais comme si l’enjeu et la passion autour du match n’étaient pas déjà suffisants, l’entraîneur français s’est fendu samedi 19 février d’une déclaration pas très amicale envers les ennemis de toujours:

«Autant dire les choses sans hypocrisie, on a un peu de mal avec les Anglais. On les respecte, en tout cas moi je les respecte, mais on ne peut pas dire que ce soit avec eux qu'on ait le plus d'atomes crochus. On apprécie nos cousins italiens, avec qui on partage la même qualité de vie, on apprécie les Celtes et leur convivialité... Et puis parmi toutes ces nations, on a quand même un énorme point commun: on n'aime pas les Anglais! On a quitté Dublin le week-end dernier sous les encouragements de tous les Irlandais qui disaient: par pitié, battez les Anglais. Les Ecossais, c'est la même chose.»

Etonnant: les tabloïds comme le Sun ou le Daily Mail sont restés très sobres, se contentant de rapporter les propos du sélectionneur français. C’est plutôt dans les colonnes des quotidiens les plus sérieux que la déclaration a fait le plus d’effet. Dans The Telegraph, Mick Cleary se fait un plaisir de rappeler le passé pas si lointain où les Français, complexés face aux «hautains anglo-saxons», tombaient systématiquement dans le piège des provocations d’avant-match du talonneur anglais Brian Moore, et avaient notamment perdu sept fois d’affilée contre l’Angleterre entre 1989 et 1995. Et de s’interroger sur les déclarations de Lièvremont:

«Peut-être a-t-il besoin de provoquer ses hommes, par peur qu’ils s’effondrent comme il y a deux ans quand ils sont venus à Twickenham.»

Chris Hewett de The Independent rappelle que l’Angleterre a déjà connu une tentative de déstabilisation avant son match face au Pays de Galles il y a peu. Le talonneur Dylan Hartley, qui avait été publiquement critiqué par le sélectionneur gallois, a finalement réalisé un très bon match. Hewett ironise:

«Si les mots de Lièvremont ont le même effet sur le collectif que ceux de Gatland sur l’individu, le public de Twickenham peut s’attendre à rire le dernier,  le plus fort et le plus longtemps ce week-end.»

Pour Robert Kitson de The Guardian, Lièvremont a pris un gros risque:

«En tant que sélectionneur de la France, son boulot est aussi de trouver comment gagner des grands matchs de rugby. Pour le moment, tout ce qu’il a fait est de déclencher une vague de dégoût pour tout ce qui est gaulois dans cette semaine très importante. Ne commandez pas de croissants, annulez le gîte, ça devient personnel. Et il y a de grandes chances pour que l’on fasse ravaler ses mots à Lièvremont samedi.»

Le sélectionneur anglais Martin Johnson a pour sa part calmé le jeu lundi 21 février, déclarant:

«C'est le jeu. C'est de bonne guerre, a insisté le coach du XV de la Rose. On est habitué. C'est aussi ça les grands matchs.» 

Photo: Marc Lièvremont le 7 février 2011 à Edimbourg, REUTERS/David Moir 

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