France

Plutôt qu'un débat sur l'islam, appliquons la loi de 1905!

Temps de lecture : 2 min

Un an après la tenue du débat sur l'identité nationale, l'UMP a annoncé qu'elle organiserait une nouvelle série de discussions sur l'exercice des cultes religieux et la place de l'islam en France au début du mois d'avril. Sur son blog, Koztoujours considère qu'avant de «lancer un petit débat partisan», «la loi de 1905 offrait déjà des solutions» aux problèmes soulevés par le parti majoritaire.

Ce débat interne à l'UMP doit «poser un certain nombre de problèmes de fond sur l'exercice des cultes religieux, singulièrement le culte musulman, et de sa compatibilité avec les lois laïques de la République» a annoncé son secrétaire général Jean-François Copé, le mercredi 17 février dernier.

Selon Koztoujours, la loi de 1905 (de séparation des Églises et de l'État) permet déjà «de dégager des solutions existantes» et le blogueur catholique de citer en exemple les mesures déjà existantes face aux «prières de rue» ou aux «pressions des islamistes». Le blogueur explique que ces outils permettent «de s’opposer à toute discrimination pour des raisons religieuses, dans quelque sens qu’elle s’applique et avec discernement aux exigences religieuses dans les lieux publics (horaires de piscine aménagés etc)».

Remous au sein de la majorité

Si l'annonce de ce débat a été fermement condamnée par le Parti socialiste, notamment par la voix de David Assouline, elle a également provoqué quelques remous au sein de la majorité. Dans une interview au Figaro, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a ainsi estimé qu'il fallait «piloter et maîtriser ce débat parce qu'il peut déraper. L'islam est la deuxième religion de France et il n'est pas imaginable de la stigmatiser».

Tandis que le député Etienne Pinte confiait ce lundi sur France Inter «(sa) grande crainte de voir le culte musulman une fois de plus montré du doigt».

Une obsession politique

Dans son discours lançant le débat sur l'identité nationale, devant le mur des fusillés de La Chapelle-en-Vercors, le 12 novembre 2009, Nicolas Sarkozy avait déjà dessiné les contours de son projet politique.

«Devenir Français, c'est adhérer à une forme de civilisation, à des valeurs, à des mœurs (...) La France est un pays où l'Église est séparée de l'État, où les croyances de chacun sont respectées. Mais la France est un pays où il n'y a pas de place pour la burqa, où il n'y a pas de place pour l'asservissement de la femme. La France est un pays où il n'y a pas de place pour la confusion du spirituel et du temporel

Le président de la République n'a pas cessé depuis d''expliquer que l'antidote face à la montée «du tribalisme et du communautarisme» passait par la «réaffirmation de notre identité nationale». Alors que 43% des Français ont estimé selon un sondage de l'Ifop que ce débat avait eu pour effet de «remettre le Front national au centre du débat politique et public», Marine Le Pen s'est réjouie de cette nouvelle annonce:

«Allez, encore un effort monsieur Copé, encore un petit débat, un petit blabla sur l'islam, la laïcité, et je pense effectivement que nous pourrons terminer à la présidentielle à 25%


Photo: Le musée d'histoire naturelle de Paris devant la mosquée de Paris, décembre 2009, REUTERS/Charles Platiau -

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