Monde

«Un vrai massacre» en Libye

Temps de lecture : 2 min

Les forces de sécurité libyennes ont à nouveau ouvert le feu sur la foule dimanche 20 février lors de l'enterrement de manifestants tués la veille à Benghazi, la deuxième ville de Libye. Un docteur interviewé par la BBC a parlé d’un «véritable massacre».

Reuters rapporte que Benghazi a sombré dans le chaos ce week-end, alors que l’armée et la police ont été forcées de se retirer dans leurs quartiers. «Les forces de sécurité sont dans leurs casernes et la ville est dans un état de mutinerie civile», a décrit un témoin. L'ONG Human Rights Watch rapporte qu’au moins 173 personnes ont été tuées, mais un médecin de Benghazi a confié à Associated Press qu’il avait vu passer au moins 200 morts dans son hôpital en six jours de manifestations.

La fusillade de dimanche n’était pas la première fois que les forces de sécurité ont ouvert le feu lors de funérailles. La veille, une procession funèbre avait été attaquée par des soldats qui auraient même tiré un missile, selon des témoins. Les informations venant de Libye sont presque impossibles à vérifier étant donné l’absence totale de la liberté de la presse. Les journalistes locaux ne peuvent pas travailler librement, les journalistes étrangers sont interdits et il n’y a presque pas d’accès Internet.

Le New York Times écrit que «l’escalade de la violence […] semble avoir marqué un tournant décisif dans les manifestations». Alors que le cercle vicieux des fusillades lors des enterrements, qui entraient de nouvelles funérailles et de nouvelles fusillades, les manifestants libyens sont déterminés à continuer leur mouvement, souligne CNN. La réponse armée contre les manifestants libyens est «en train de devenir la répression la plus violente contre les manifestations anti-gouvernementales qui ont commencé avec les soulèvements en Tunisie et en Egypte», écrit Associated Press.

Dans la nuit de dimanche à lundi, Saïf Al-Islam Kadhafi, un des fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a reconnu que plusieurs villes du pays étaient la proie de violents combats et que les émeutiers s'étaient emparés d'armes militaires, et a menacé les manifestants, rapporte le Monde:

«Nous allons détruire les éléments de la sédition. […] La Libye est à un carrefour. Soit nous nous entendons aujourd'hui sur des réformes, soit nous ne pleurerons pas quatre-vingt-quatre morts mais des milliers et il y aura des rivières de sang dans toute la Libye

Photo: Une capture d'écran de l'intervention télévisée de Saïf al-Islam Kadhafi le 21 février 2011, REUTERS/Reuters TV

Slate.fr

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