Monde

Le Bahreïn n'est ni la Tunisie ni l'Egypte

Temps de lecture : 2 min

Après la Tunisie mi-janvier et l'Egypte mi-février, tout le monde s'interroge (et parfois même parie) sur le nom du prochain «domino» possible au sein du monde arabe. Ces derniers jours, l'attention s'est notamment tournée vers le Bahreïn, pays qui fait peu parler de lui avec son petit million d'habitants.

Le site Mother Jones livre un intéressant résumé de la situation, et notamment des différences entre le Bahreïn, la Tunisie et l'Egypte:

« En Egypte et en Tunisie, les sunnites représentent l'immense majorité de la population et la protestation n'était pas impulsée par un conflit religieux majeur. Les laïcs, les islamistes, les chrétiens, les pauvres, la classe moyenne, les riches et au final même l'armée se sont unis contre la dictature. Pour l'instant, les manifestants ont été en grande majorité chiites au Bahreïn, alors que l'armée est en majorité sunnite et que beaucoup de soldats expriment des préjugés racistes contre les chiites. On peut affirmer que le Bahreïn a plus de choses en commun avec l'Irak.»

La NPR s'intéresse elle à l'importance stratégique de ce petit Etat pour les Etats-Unis, qui comptent environ 6.000 militaires sur place: «le Bahreïn a fourni une logistique et un soutien à l'armada de navires de la marine américaine lors de la guerre du Golfe et de l'intervention en Irak en 2003». «C'est un partenaire époustouflant. Il a fourni un soutien logistique constant à la marine américaine dans le Golfe persique depuis cinquante ans», explique un ancien porte-parole de l'US Navy.

Jeudi, le Guardian expliquait qu'une grande partie des forces de l'ordre du Bahreïn «ont été recrutées dans d'autres pays, dont la Jordanie, le Pakistan et le Yémen»: «Ces dernières années, le gouvernement de Manama a mené un effort conscient pour recruter des sunnites étrangers afin de contrebalancer la majorité démographique des chiites».

Comme l'explique Bloomberg, qui fait un tour d'horizon des protestations au Bahreïn et dans les autres pays (Yémen, Libye, Djibouti...), les autorités ont lancé un appel au calme en direction des manifestants. Le prince héritier a affirmé sur Bahreïn TV que le pays entrait dans une phase «dans laquelle tous les problèmes seront débattus sincèrement et honnêtement. Le calme est nécessaire afin que tous les partis puissent promouvoir leurs positions d'une façon responsable et productive».

Les troubles ont fait plusieurs morts cette semaine dans le pays. Sur cette vidéo, on entend d'ailleurs l'armée tirer des coups de feu sur des manifestants.

Photo: une vue de Manama, au Bahreïn. Gorski via Flickr CC License by.

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