Monde

L'armée égyptienne utilise Facebook pour parler à la jeunesse

Slate.fr, mis à jour le 19.02.2011 à 16 h 36

Malgré la censure, les réseaux sociaux ont joué un rôle non négligeable dans les révolutions qui ont eu lieu en Tunisie et en Egypte puisqu'ils ont permis aux manifestants de lancer et de coordonner ce mouvement spontané. Consciente de son importance et soucieuse de renouer le dialogue avec la jeunesse, l'armée égyptienne a annoncé la création de sa propre page sur Facebook.

La décision a été prise par le conseil suprême des forces armées qui gouverne le pays depuis la chute d’Hosni Moubarak, le 11 février dernier. La page est dédiée aux «aux enfants et à la jeunesse d'Egypte qui ont fait éclater la révolution du 25 janvier et à ses martyrs». Les militaires «y répètent ne pas avoir d'aspirations politiques et oeuvrer à une transition démocratique vers un pouvoir civil, près d'une semaine après la démission de M. Moubarak, au pouvoir depuis 1981», comme le relate le Figaro.

249.000 abonnés en moins d'une semaine

Bon nombre d'Egyptiens ont répondu massivement à cet appel en s’inscrivant sur cette page qui comptait plus de 250.000 abonnés le 19 février en milieu de journée. Dans ses derniers messages, l'armée a déclaré: «Nous demandons aux enfants d’Égypte de poser ici leurs questions et nous leur donnerons une réponse dans les 48 heures». Un appel visiblement entendu puisque l’on recense aujourd’hui plus d’une dizaine de milliers de messages. Dans ce flot de contributions, on peut lire beaucoup de remerciements et un attachement certain du peuple à son armée. Certains saluent le fait que «l'armée a refusé de tirer sur les manifestants», d'autres réclament des «procès» ou des «libérations de prisonniers».

À Tunis, le nouveau ministre de l'Intérieur a également ouvert sa page Facebook et se révèle, dans une moindre mesure, assez populaire puisqu'il a «réussi à mobiliser plus de 115.000 "fans" en moins d’une semaine», relève France 24.

Sur son site, la chaîne de télévision note cependant:

«Les exemples égyptiens et tunisiens sont en tout cas à des années lumières numériques de la situation que connaissent les autres États arabes en butte à des mouvements de contestation. La Libye, le Yémen et l’Algérie n’ont aucune –ou presque– présence officielle sur Facebook ou Twitter. Seul le Bahreïn semble tirer son épingle du jeu».

Photo : un manifestant anti-Moubarak fait le signe V de la victoire près du palais présidentiel. REUTERS/Goran Tomasevic.

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