Life

Les Français boivent presque autant que les Russes

Slate.fr, mis à jour le 16.02.2011 à 11 h 39

Au championnat éthylique mondial, les Moldaves dominent le concours de beuverie. D'après un rapport de l'Organisation mondiale de la santé sur la consommation d'alcool dans le monde en 2005, nos voisins de Moldavie en consomment 18,5 litres par tête –dont, détail effrayant, 10 litres d'eau-de-vie artisanale bricolée clandestinement.

En France [PDF], si ce n'est pas le tord-boyaux qui fait gonfler les foies, mais le bon vieux vin (62% des boissons alcoolisées consommées sur une année), la consommation est aussi une des plus élevées du monde. Chaque Français boit en moyenne 13,7 litres d'alcool par an –un peu au-dessus de la dose annuelle européenne, 12,2 litres [PDF]... et bien loin devant la moyenne mondiale, de seulement 6,13 litres. La consommation française a néanmoins beaucoup baissé depuis les années 1960: en 1961, chaque citoyen français a écopé en moyenne 25 litres de spiritueux!

Les Russes boivent à peine deux litres de plus que les Français (15,7 litres en moyenne) mais ils en meurent bien plus. En Russie [PDF], un homme sur cinq décède à la suite de la consommation d'alcool, alors que c'est le cas pour seulement un homme français sur 20. La faute à des habitudes de consommation plus risquées: ce sont les eau-de-vie, liqueurs et autres vodkas qui remplissent les verres des Russes.

D'après ce rapport, l'alcool cause 2,5 millions de morts dans le monde chaque année, soit 4% des morts en général. Globalement, l'Europe picole plus que le reste du monde (et présente donc plus de risques de santé liée à la consommation d'alcool), comme le montre cette carte de The Economist.

L'Organisation mondiale de la santé définit la consommation nocive d'alcool comme «un usage excessif au point de causer des problèmes de santé et qui inclut souvent des effets sociaux négatifs». Violence, relations sexuelles non-protégées, abandon des enfants, absentéisme au travail... autant de conséquences directes de l'absorption excessive et/ou répétée d'alcool.

Ainsi, c'est selon ces critères de l'OMS qu'à seulement deux litres d'écart, les Russes présentent des risques liés à l'alcool cinq fois plus élevés que les Français. Les pays les plus exposés sont ceux qui éclusent le plus de spiritueux et d'eau-de-vie, comme par exemple la Bosnie Herzégovine. Si les Bosniaques boivent moins de 10 litres d'alcool par an, leurs gosiers accueillent trois quarts d'eau-de-vie en tout, ce qui les amène à être considérés comme appartenant au niveau 3 de risque de santé selon l'OMS.

En revanche, dans des pays à haute consommation d'alcool, mais qui préfèrent le vin (comme le Portugal et l'Espagne) ou la bière (comme l'Allemagne, l'Autriche et l'Irlande où la mousse représente plus de la moitié des boissons alcoolisées), les risques pour la santé ne dépassent pas le niveau 1 de l'échelle de l'OMS.

Le rapport recommande d'augmenter les politiques publiques de prévention, encore trop peu ambitieuses. Plusieurs pistes sont encouragées, comme la réglementation de la publicité pour les alcools, des campagnes de sensibilisation aux dangers de ces boissons ou encore leur taxation. 

Photo: Alcohol bottles under the rain / skippyjon via Flickr CC License by

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
vinSantéRussierisquesportugal
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte