Économie

Après les générations X et Y, la «génération Un»?

Temps de lecture : 2 min

On connaissait la génération du baby-boom, née dans l'immédiat après-guerre, la «génération X» de l’époque grunge ou encore la «génération Y» des «millennials» (les jeunes adultes de l’époque du millénaire), mais comment appeler celle des jeunes adultes actuels (qui est à cheval sur cette «génération Y» et la «génération Z» ou «nouvelle génération silencieuse»)? L’universitaire américaine Nancy Folbre, professeur d’économie à l’université d’Amherst (Massachussetts), suggère sur Economix, le blog économique du New York Times, de l’appeler «generation Un», pour «generation unable», au sens d'une génération à qui on ne donne pas suffisamment d’opportunités.

«Les politiques publiques ne font pas grand-chose pour aider les jeunes des familles à revenus faibles ou moyens, qui ne peuvent pas trouver d’emploi ou se payer les études dont ils ont besoin pour améliorer leurs chances d’en trouver un», écrit-elle, avant de conclure:

«Le magazine Business Week a employé l’expression “génération perdue” pour décrire la gravité du chômage des jeunes. Mais les jeunes adultes ne sont pas perdus. La plupart d’entre eux savent exactement où ils sont, pour beaucoup embourbés dans une société sans possibilités, où ils sont exclus de la participation à l’effort productif. Nous pourrions les surnommer génération Ex, pour exclusion, mais cela sonne trop comme génération X, l’expression utilisée pour décrire la génération post-baby-boom. Peut-être que nous devrions les appeler "génération Un", identifiant ainsi l’incapacité où ils se trouvent à trouver un emploi, payer leurs études ou trouver les opportunités dont ils ont besoin pour contribuer à générer de la croissance économique.»

Ce constat est établi pour les Etats-Unis, mais on peut tenter de l’adapter pour la France: selon les chiffres de l’Insee, le taux de chômage y était par exemple d’un peu plus de 9% en 2009 pour l’ensemble de la population, mais de près de 24% pour les 15-24 ans.

En mai 2010, Slate.fr avait proposé sa propre définition générationnelle en parlant de «génération D», comme «débrouille» ou «démerde», pour les jeunes adultes notamment passés par l’étape des stages à répétition:

«Il s'agit [...] d'une génération d'auto-entrepreneurs. Sans forcément être officiellement déclaré en tant que tel, on a tendance à envisager sa carrière comme une entreprise qu'on gère. Même en CDI, un employeur est une sorte de client pour lequel on travaille un temps avant de trouver un autre client. Non seulement on change plusieurs fois de boulot, de secteur d'activité, de façon diachronique donc, mais même de façon synchronique, on multiplie les activités différentes en même temps. [...] Tout se mêle, on jongle d'une activité à une autre. On n'est pas prof. On est prof et guitariste dans un groupe de rock et blogueur. On blogue d'ailleurs souvent depuis son lieu de travail. C'est aussi cette pratique d'activités simultanées qui encourage à changer souvent de travail parce qu'elle multiplie le nombre d'opportunités. On pense utile comme tout débrouillard qui se respecte.»

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Photo: The couch in the forest. iMax via Flickr CC License by

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