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Egypte: l'armée dissout le parlement et suspend la constitution

Temps de lecture : 2 min

L’armée égyptienne a publié un communiqué dimanche 13 février annonçant la dissolution du parlement et la suspension de la constitution pendant que le pays prépare les élections prévues pour dans six mois. Ces deux annonces répondent à plusieurs revendications des manifestants, même si l’armée n’a pas évoqué la levée de l’état d’urgence.

Le conseil suprême des armées a également déclaré qu’il allait former un comité pour amender la constitution, et que les changements allaient être soumis à un référendum. Si les manifestants semblaient dans l’ensemble satisfaits avec les annonces, certains ont rappelé que le futur reste très incertain. «En l’absence de constitution, nous sommes rentrés dans une "zone d’ombre" en termes de règles, et nous sommes inquiets» a déclaré le directeur de l’’Initiative égyptienne pour les droits personnels.

Le gouvernement de transition qui devrait rester en place jusqu’aux élections s’est réuni pour la première fois depuis la démission de Moubarak et a clairement désigné la sécurité comme sa première priorité. Quelques bousculades ont eu lieu sur la place Tahrir au Caire, le lieu symbolique du mouvement, alors que des soldats tentaient de déloger des manifestants et de rétablir la circulation. Le correspondant d’Al Jazeera au Caire livre son analyse sur la situation:

«Je pense que cela reflète un problème plus large: l’armée pense que maintenant que Moubarak est parti, l’heure est à la stabilité. Mais certains des manifestants pensent qu’ils n’ont pas encore obtenu assez de changement. Ils ne veulent pas quitter la place jusqu’à ce que l’armée ait transféré le pouvoir à un gouvernement civil.»

Un bref affrontement a également éclaté entre les manifestants de la place Tahrir et un groupe de 2.000 policiers qui se dirigeaient vers le ministère de l’Intérieur pour demander des hausses de salaire et de meilleures conditions de travail, rapporte Associated Press.

Sur le front de l’économie, les marchés du Moyen-Orient étaient en hausse dimanche 13 février, le premier jour d’ouverture depuis la démission de Moubarak. Les manifestations en Egypte avaient provoqué une baisse des marchés de la région au cours du mois précédent. Un analyste explique que «les investisseurs sont maintenant rassurés qu’à court terme, il n’y aura pas de chaos en Egypte».

Photo: Sur la place Tahrir du Caire le 12 février 2011, REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

Slate.fr

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