Culture

East-West Side Story à Berlin

Slate.fr, mis à jour le 09.02.2011 à 14 h 25

«Un cours d’histoire sur de la super musique»: C’est ainsi que Serkan Kaya résume la comédie musicale Hinterm Horizont, («Derrière l’horizon»), dont il est le chanteur et personnage principal. Lancé il y a presque un mois au théâtre de la Potsdamer Platz à Berlin, le spectacle s’inspire largement des paroles et de la musique du rocker ouest-allemand Udo Lindenberg, l’homme au chapeau noir. Pour éclairer le phénomène, arte.tv rappelait récemment le contexte:

«1983 : Udo Lindenberg entrait dans l'histoire du rock allemand, avec le morceau Sonderzug nach Pankow (Train spécial pour Pankow). Un titre dans lequel il s'adressait directement au président Erich Honecker, pour lui demander l'autorisation de venir jouer en RDA. Il ne l'a obtenue qu'une fois, mais a dû renoncer à la chanson qui déplaisait aux Jeunesses communistes. Pour son projet de tournée à travers l’Est de l’Allemagne, Udo devra patienter jusqu’à la chute du Mur.»

C’est précisément la relation particulière entre Udo Lindenberg et la RDA qui est au cœur d’Hinterm Horizont. «C’est une partie de ma vie qui est sur scène!», a lâché Udo Lindenberg, le jour de la première, au journaliste de la Berliner Zeitung.

En référence à sa chanson Mädchen aus Ostberlin (la fille de Berlin-Est), la comédie musicale raconte l’histoire d’amour entre Udo, joué par Serkan Kaja, et Jessy, une jeune fille de Berlin-Est. «Un amour impossible entre l’Est et l’Ouest, un amour né à travers un mur et des fils barbelés», poursuit le quotidien. 

L’histoire, que le Stern qualifie de «fort bien bâtie», s’étale sur trois bonnes heures. Jessy, amoureuse du rocker ouest-allemand, est harcelée par la Stasi, mais aussi par son père, qui ne se lasse pas de faire prévaloir «l’honneur socialiste», ni de lui rappeler la fierté avec laquelle il a porté son bleu de travail. La Zeit renchérit, en faisant un clin d’œil à l’une des chansons du spectacle:  

«La rockstar et la jeune fille sont confrontés à la guerre froide, se heurtent à un monde bureaucratique, alors qu’ils ne veulent qu’“être ensemble”. Leur amour, comme celui de Roméo et Juliette, est voué à l’échec.»

À travers les chansons et les chorégraphies, on retrouve aussi sur scène la vie en RDA des années 1980. Le Stern en énumère quelques détails:

«Les coiffures ondulées, les joggings, la coupe des jeans, les cours de danse dispensés par la FDJ, l’organisation communiste de la jeunesse.» 

Si la Frankfurter Allgemeine Zeitung regrette le caractère caricatural de ces détails, elle décrit avec une certaine admiration le début du spectacle:

«Des écrans projettent des images du mur de Berlin sur toute la largeur. Un gigantesque chapeau noir plane ensuite derrière la scène. C’est la figure d’Udo Lindenberg, deus ex-machina de l’histoire germano-allemande.»

De nombreuses personnalités politiques de l’époque étaient présentes à la première, relate le Stern. Parmi elles, Walter Momper, maire de Berlin-Ouest au moment de la chute du Mur en 1989 a déclaré en sortant:

«Ce spectacle va devenir la légende d’une légende.»

Photo: capture d'écran du clip.

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