Life

Les bienfaits de l'anxiété

Slate.fr, mis à jour le 09.02.2011 à 12 h 14

De nombreux anxieux sont déterminés à cultiver leur anxiété –pas nécessairement de manière consciente–, révèlent deux études rapportées par Newsweek, soit parce que l'anxiété les réconforte, soit parce qu'elle améliore leurs fonctions cognitives.

Dans une étude de l'université hébraïque de Jérusalem, 47 étudiants ont subi un test pour évaluer leur degré de névrose. La chercheuse Maya Tamir leur a ensuite montré une liste de tâches (depuis laver la vaisselle jusqu'à prononcer un discours), leur demandant de choisir l'émotion qu'il voudraient ressentir avant chaque tâche. Les volontaires les plus névrosés choisissaient davantage de se sentir inquiets avant une tâche difficile, et à raison: face à des anagrammes à résoudre, les névrosés qui venaient de relater un évènement qui les avait stressés étaient bien meilleurs que les névrosés se souvenant d'un évènement plus heureux (se rendre anxieux n'a rien changé aux performances des personnes non-névrosées).

Une autre étude a montré que chez certains, l'anxiété était une émotion familière et réconfortante: une chercheuse de l'université de Denver aux Etats-Unis a mesuré les émotions les plus souvent ressenties par 139 étudiants en licence, avant de les regrouper en trois catégories: ceux qui étaient le plus souvent anxieux, inquiets ou nerveux (groupe «peur»), ceux qui étaient le plus souvent énervés, irrités ou agacés (groupe «colère»), et ceux qui étaient le plus souvent joyeux et de bonne humeur (groupe «bonheur»).

Six mois plus tard, la scientifique a demandé à ses trois groupes de choisir quelles émotions ils voulaient ressentir à partir d'une liste: le groupe joyeux voulait, bien sûr, être heureux. Mais le groupe peur voulait être inquiet et nerveux, même si cette émotion n'était pas plaisante.

L'anxiété comme une drogue?

C'est que vouloir ressentir une émotion et apprécier cette émotion sont deux choses bien différentes, gérées par deux  groupes de neurotransmetteurs distincts. Comme l'explique Maya Tamir (PDF), on peut vouloir ressentir une émotion déplaisante si celle-ci permet de remplir un objectif à plus long terme, si elle nous est utile. Exemple: réviser est une activité difficile et pas souvent agréable, mais des étudiants peuvent vouloir étudier afin de réussir leurs examens.

Dans certains cas, le besoin de ressentir de l'anxiété amenait à un état ressemblant à une addiction à l'anxiété, affirme à Newsweek un psychiatre de l'école de médecine du Mont Sinai de New York:

«Certaines personnes deviennent accro à l'anxiété parce que c'est l'état qu'elles ont toujours connu. Si elles se sentent calmes, elles s'ennuient, se sentent vide. Elles veulent se sentir anxieuses»

Photo: Anxious 76/365 par SashaW via Flickr CC License By

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