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La Pologne ne veut plus héberger le site d'Auschwitz

Temps de lecture : 2 min

La Pologne ne souhaite plus être associée à la Shoah. Selon Le Figaro, le ministre polonais de la Culture, Bogdan Zdrojewski aurait adressé une requête à trois sites Internet consacrés à des camps de concentration afin qu'ils «remplacent leur adresse ".pl" par une autre extension comme le ".eu" pour ne plus être associés avec la Pologne».

Cette demande du ministère de la Culture polonais s'adresse à trois musées: celui d'Auschwitz-Birkenau, de Stutthof et de Majdanek placés sous sa tutelle et qui vont donc devoir changer de nom de domaine. Benjamin Ferran, dans l’article du figaro.fr, explique que cette demande s'inscrit dans une longue série de requêtes similaires de la part de la Pologne:

« En 2007, le Comité du Patrimoine mondial de l'Unesco avait rallongé le nom officiel du camp d'Auschwitz pour l'appeler “camp de concentration et d'extermination nazi allemand d'Auschwitz-Birkenau (1940-1945)”. “C'est une victoire de la vérité historique sur le mensonge», avait déclaré le ministre de la Culture de l'époque”.»

Mais cette requête pose cette fois-ci quelques problèmes d'application puisque sur le web, les adresses au nom des camps de concentration en «.eu» ou «.com» sont déjà réservées depuis longtemps par d'autres.

L'obsession polonaise de l'innocence

Quoiqu'il en soit, comme le soulignait Le Monde en 2005, la confrontation de la société polonaise à l'historiographie de la Shoah a toujours été pour le moins difficile. Dans un débat sur le pogrom de Jedwabne organisé en 2002, l'anthropologue Joanna Tokarska-Bakir parlait d'une «obsession polonaise de l'innocence».

Dans son livre, La fin de l'innocence. La Pologne face à son passé juif, l'historien Jean-Yves Potel explique que la Pologne s'est réappropriée tardivement cette part pourtant constitutive de son histoire.

«La Pologne a connu un coup d’accélérateur après le grand débat qui a entouré la publication du livre de Jan T. Gross, Les Voisins, en 2000. Le grand public découvrait alors qu’une partie de la société polonaise n’avait pas été seulement victime de la guerre, ni même uniquement témoin, mais avait participé au crime contre les voisins juifs, dans la bourgade de Jedwabne en juillet 1941, et également ailleurs, sous des formes diverses. Les autorités politiques en prirent acte, avec le discours du président de la République de l’époque, Aleksander Kwiaśniewski, demandant pardon “au nom de tous les Polonais dont la conscience est touchée par ce crime”», rapportait en 2009 La Vie des Idées dans sa chronique du livre.

Photo: Auschwitz Gate / Roevin via Flickr CC License By

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