Monde

Rumsfeld regrette d'avoir qualifié la France de «vieille Europe»

Temps de lecture : 2 min

Tout le monde peut avoir des regrets, même Donald Rumsfeld. L’ancien secrétaire à la Défense américain et spécialiste des bravades désinvoltes se dévoile dans ses mémoires à paraître la semaine prochaine aux Etats-Unis.

Dans Know and Unknown, un livre de 800 pages, Donald Rumsfeld avoue qu’il a repensé au jour où il a utilisé la formule «ça arrive» pour qualifier les pillages en Irak à la suite de l’invasion américaine. Le 11 avril 2003, moins d’un mois après le début d’une guerre dont il avait été le principal artisan, il avait répondu à des journalistes qui l’interrogeaient sur le chaos qui régnait dans les rues d’Irak:

«Ces choses arrivent. La liberté est désordonnée, et les gens libres sont libres de faire des erreurs, et de commettre des crimes et de faire de mauvaises choses. Ils sont également libres de vivre leur vie et de faire des choses merveilleuses. Et c’est ce qui va se passer ici.»

Dans son livre, il admet également que qualifier la France et l’Allemagne de «old Europe» (la vieille Europe, qui aura en tout cas permis à Villepin de prononcer son célèbre discours à l'ONU) était peut-être une mauvaise idée, tout comme le fait de déclarer «Nous savons où elles sont» en parlant des armes de destruction massive qui étaient censées se trouver en Irak.

Malgré ces accès de pénitence, Rumsfeld considère que la guerre en Irak valait le coup d’être menée et que le Moyen-Orient serait «bien plus dangereux qu’il ne l’est aujourd’hui» si Saddam Hussein était toujours au pouvoir, rapporte le Washington Post. Rumsfeld n’a pas résisté au plaisir d’envoyer quelques piques aux anciens secrétaires d’Etat américains Colin Powell et Condoleezza Rice. Selon lui, cette dernière n’aurait pas dû mettre les droits de l’homme au-dessus des intérêts de la sécurité américaine en promouvant la démocratie au Pakistan.

Rumsfeld égratigne même son ancien patron, George W. Bush lui-même, estimant que le président «n’a pas toujours reçu, et n’a peut-être pas insisté pour recevoir, une réflexion sur ses options avant de prendre une décision».

Le plus gros regret de Rumsfeld? Ne pas avoir quitté son poste en 2004 après le scandale de la torture dans la prison d’Abu Ghraib. Il écrit à ce sujet:

«En y repensant, je vois qu’il y a des choses que le gouvernement aurait pu faire différemment et mieux en ce qui concerne la détention en temps de guerre.»

Photo: Donald Rumsfeld en août 2007, REUTERS/Jonathan Ernst

Slate.fr

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