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Egypte: la revanche de George W. Bush

Slate.fr, mis à jour le 03.02.2011 à 14 h 28

George W. Bush  Jim Young / Reuters

George W. Bush Jim Young / Reuters

Le débat grandit aux Etats-Unis entre partisans de la promotion de la démocratie et de la liberté quels qu'en soient les risques et ceux qui au contraire s'inquiètent de voir aujourd'hui le monde arabo-musulman sombrer dans le chaos politique et l'islamisme.

Sur le site Daily Beast, le célèbre chroniqueur, écrivain et professeur de droit à Yale, Stephen L. Carter, prend le parti des promoteurs de la démocratie et de la liberté quitte à souligner qu'il se retrouve pour une fois dans le camp des néo-conservateurs et de l'ancien président George W. Bush.

«Il y a eu ce sentiment que la liberté et la démocratie n'étaient pas adaptées à la région, que les pouvoirs absolus sont naturels pour ces peuples, leur histoire ou peut-être leur climat. Renverser un dictateur en amènera un autre au pouvoir… Aujourd'hui, cette thèse essentiellement raciste est morte.»

Stephen L. Carter ajoute qu'il n'y a pas si longtemps, George W. Bush était considéré comme naïf et même stupide pour avoir affirmé à plusieurs reprises que la promotion de la démocratie dans le monde arabe devait être le principe de base de la politique américaine. Il y a deux ans, les mêmes attaques ont été lancées contre Barack Obama quand il a déclaré lors de son fameux discours du Caire que la démocratie et la liberté «ne sont pas seulement des idées américaines, mais des droits de l'homme».

Le Washington Post revient lui aussi sur un discours prononcé en novembre 2003 par George W. Bush qui posait ses questions:

«Est-ce que les peuples du Moyen-Orient sont hors d'atteinte de la liberté? Est-ce que des millions d'hommes, de femmes et d'enfants sont condamnés par leur histoire et leur culture au despotisme? Sont-ils les seuls à ne pouvoir jamais connaître la liberté ou même à ne pas avoir le choix?»

George W. Bush posait ses questions pour tenter de justifier l'invasion de l'Irak huit mois plus tôt. «Alors bien sûr, écrit Stephan L. Carter sur Daily Beast, la si détestée doctrine Bush comprenait une composante militaire, combattre nos ennemis sur leur sol plutôt que sur le nôtre.» Barack Obama a aussi très rapidement renoncé à ses idéaux et a été incapable d'empêcher le retour de la mainmise syrienne sur le Liban ou même de soutenir ceux qui courageusement dans les rues de Téhéran défiaient Mahmoud Ahmadinejad après sa réélection truquée il y a un an et demi.

Stephan L. Carter enjoint maintenant Barack Obama de revenir à ces principes, même au nom du seul intérêt des Etats-Unis. Il n'y a pas de contradiction affirme-t-il entre les idéaux et les intérêts. Le président des Etats-Unis doit simplement se souvenir de ce qu'il déclarait lors d'un discours à West Point en 2009:

«Les vies de nos enfants et de nos petits enfants seront meilleures si les enfants et les petits-enfants des autres peuvent vivre dans la liberté.»

Photo: George W. Bush  Jim Young / Reuters

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