France

MAM dans le marigot tunisien

Slate.fr, mis à jour le 02.02.2011 à 14 h 25

Après l'affaire de la vente des grenade lacrymogènes à la Tunisie, Michèle Alliot-Marie est à nouveau au coeur d'une polémique puisque le Canard Enchainé l'accuse d'avoir eu recours à un jet privé appartenant à un proche de la famille Ben Ali lors de ces vacances à Hammamet en décembre dernier.

Les contradictions du gouvernement

Depuis la semaine dernière, nous savons que Michèle Alliot-Marie avait bien eu connaissance de la ventes de grenades lacrymogènes à la Tunisie par une entreprise française. François Fillon et la ministre des Affaires étrangères avaient pourtant clamé qu'ils ignoraient que la société Sofexi avait livré le régime de Ben Ali entre décembre 2010 et janvier 2011, en pleine répression de la révolution de jasmin.

Le mercredi 26 janvier à la suite des révélations du Monde, François Fillon avait répondu à la place de Michelle Alliot-Marie lors des questions à l'Assemblée, engageant ainsi la responsabilité de son gouvernement dans la défense de sa ministre :

«Il n'y a eu aucune exportation de matériel de maintien de l'ordre –et nous ne parlons pas d'armes évidemment– ni au mois de décembre ni au mois de janvier.»

Sur Rue 89, le député socialiste Gaëtan Gorce faisait le 1er février état d'une lettre du Premier ministre adressée à Jean-Marc Ayraut, président du groupe socialiste à l'Assemblée. Un courrier «riche d'enseignements» puisque selon lui:  

«François Fillon reconnaît d'abord que les douanes ont bien délivré deux autorisations d'exporter du matériel de maintien de l'ordre (…) Ces autorisations ont été données en 24 heures contre 10 jours pour des autorisations équivalentes demandées au mois d'octobre (…) Ensuite, le Premier ministre avoue que ce n'est que le 18 janvier, soit 4 jours après le blocage de la cargaison et la chute du régime de Ben Ali que le Quai d'Orsay a demandé la suspension des quatre AEPE (autorisation d'exportation de poudres et explosifs) en cours sur la Tunisie.»

MAM en pleine tourmente

Mais c'est pour ses vacances à Hammamet que Michèle Alliot-Marie est à nouveau épinglée par le Canard Enchaîné dans sa version du mercredi 2 février.

Selon le Canard, la patronne du Quai d'Orsay aurait eu recours à un jet privé d'un homme d'affaires tunisien, Aziz Miled, «membre du clan Ben Ali» puisqu'il aurait été «associé de longue date à associé à Belhassen Trabelsi, beu-frère de Ben Ali». Sur RTL, Patrick Ollier, compagnon de la ministre a reconnu qu'ils avaient bénéficié de l'avion durant leur séjour mais dément que son propriétaire soit un proche du clan Ben Ali. A l'instar du cabinet de Michèle Alliot-Marie, il a réagi en indiquant qu'il s'agissait d'un «spolié du clan Ben Ali». Une version que contredit Le Monde dans un portrait consacré à Aziz Miled. Samuel Laurent, du monde.fr, relève: 

«Sorte de "parrain" du capitalisme tunisien, Aziz Miled est également actionnaire ou partie prenante de nombre de projets dans le pays, où il cotoie les membres du clan Ben Ali.»

Photo: Michèle Alliot-Marie, le 30 janvier 2010 à Paris. REUTERS/Gonzalo Fuentes

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