Monde

L'interview surréaliste de Vladimir Poutine par Naomi Campbell

Slate.fr, mis à jour le 02.02.2011 à 14 h 36

La top model Naomi Campbell a interviewé Vladimir Poutine pour le GQ britannique. Et comme elle n'a pas peur des vraies questions, leur entretien commence par celle-ci:

«Vous êtes en assez bonne condition physique. Comment est-ce que vous réussissez à rester aussi en forme?»

Réponse scoopesque du Premier ministre russe: «Probablement de la même manière que vous.»

En guise d'introduction, GQ explique que Naomi et Vladimir ont assisté au même premier sommet du tigre (oui. Le premier sommet du tigre) tenu en novembre dernier à Saint-Petersbourg, et que c'est durant ce sommet qu'elle l'a interviewé.

Entre deux questions sur son physique et ses loisirs préférés (regarder des bagarres à main nue, voir des tigres, chevaucher une Harley...), Naomi (qui vit en Russie avec Vladislav Doronin) a abordé les calendriers pro et anti Poutine réalisés par des étudiantes russes en journalisme:

«–Vous faites manifestement une très bonne impression aux femmes. Qu'est-ce que vous pensez des étudiantes qui ont posé pour vous dans le calendrier?

– J'aime beaucoup ces filles, elles sont belles. J'aime le calendrier mais ce n'est pas la chose la plus importante. Quant à l'autre calendrier, dans presque chaque pays et probablement en Russie en particulier, c'est à la mode de critiquer les gens au pouvoir. Si vous soutenez quelqu'un comme moi vous allez être accusé d'essayer de vous insinuer dans mes bonnes grâces. Les filles dans le calendrier érotique étaient courageuses et elles n'avaient pas peur. En tant qu'étudiantes en journalisme, elles ne pouvaient que savoir ce qu'on pourrait leur dire après avoir fait ça. Mais ça ne les a pas dissuadées et elles ont quand même fait le calendrier. Donc, franchement, c'est ça qui m'a le plus plu.»

Saurez-vous retrouver la question de Naomi dans la phrase qui suit? (Nous, non):

«J'ai vu une photo où vous nagez le papillon et, depuis que je vis en Russie, j'ai vu que la plupart des gens ici font de la nage papillon. Moi je n'y arrive pas, mais je reviens de la Mer morte en Jordanie et c'était la première fois que j'ai flotté de toute ma vie.»

Comme le relève Jezebel, ce n'est pas la première fois que le GQ britannique envoie Naomi Campbell discuter avec des leaders mondiaux. En 2008, elle avait ainsi parlé entre autres des muscles de Vladimir Poutine (décidément) et des Spice Girls avec Hugo Chavez. Elle avait aussi interrogé Cristina Kirchner sur l'interprétation d'Eva Peron par Madonna, sa «journée type» (elle n'en a pas) et le machisme en Argentine.

Quant à l'interview de Poutine, Jezebel fournit une courte liste des problèmes qu'elle n'a pas évoqués: «Le culte de la personnalité, la Tchétchénie, Aliona Doletskaya, Alina Kabayeva, "Blueberry Hill", la corruption.»

Le Guardian note aussi qu'elle n'a pas abordé le meurtre de l'activiste Natalia Estemirova, et souligne que Poutine accorde très rarement une interview à des journalistes, préférant parler aux universitaires pro-Kremlin expatriés qu'aux correspondants étrangers basés à Moscou. Et conclue que «bien que les rencontres avec Poutine semble souvent spontanées, toutes les questions sont soigneusement approuvées à l'avance».

Photo: Naomi Campbell REUTERS/Suzanne Plunkett

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