France

Nouvelle altercation entre Mélenchon et Quatremer

Slate.fr, mis à jour le 26.01.2011 à 14 h 20

Rien ne va plus entre Jean-Luc Mélenchon et le journaliste Jean Quatremer. La critique formulée par ce dernier à propos de la décision de l'eurodéputé de ne pas voter une résolution du parlement concernant la dictature en Biélorussie, a ravivé les tensions entre les deux hommes.

En décembre 2010, le journaliste de Libération avait déjà critiqué la décision de Jean-Luc Mélenchon de quitter «l’hémicycle de Strasbourg en compagnie de quelques élus de son groupe (GUE, gauche communiste) au moment de la cérémonie de remise du prix Sakharov (qui récompense les défenseurs des droits de l’homme) au journaliste cubain, Guillermo Farinas». Sur France Inter, Jean-Luc Mélenchon avait  répondu que «dans le contexte actuel de l'Amérique du Sud, je ne suis pas d'accord pour qualifier Cuba de dictature».

Bis repetita placent, le 20 janvier 2011, dans un billet de blog, Jean Quatremer revient à la charge en s'en prenant cette fois-ci à une décision du groupe parlementaire (GUE) auquel appartient Jean-Luc Mélenchon, qui a choisi de ne pas voter «une  résolution du Parlement européen (...) contre Alexandre Loukachenko, président de la Biélorussie, une ancienne République soviétique restée communiste et employant les mêmes méthodes que la défunte URSS».

Mélenchon crie au «mensonge»

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon riposte et crie au «mensonge». «La vérité est donc que Quatremer est à l’information ce que Médiator est à la santé.» Pour le président du Parti de Gauche, Jean Quatremer fait partie de «ces médiacrates qui règlent des comptes personnels en profitant de leur position éminente».

L'eurodéputé se défend en affirmant que son groupe a déposé:

«Un projet de résolution (...) en concurrence avec celui de la droite que nous n’avons pas soutenu (…) En effet nous sommes opposés au régime des sanctions financières contre les peuples, d’une façon générale. Mais là il s’y ajoute de surcroit que nous sommes opposés aux “aides du FMI” et au système même de l’ingérence du FMI dans la conduite de la politique des pays. En quoi cette position est-elle un soutien au régime en place?»

Comme dans une bonne vieille guerre de blogs, Jean Quatremer a répliqué au long billet de Jean-Luc Mélenchon en affirmant que «la résolution de la GUE est loin, très loin d’être une condamnation sans réserve de la dictature biélorusse (...)M. Mélenchon défend une politique pour le moins compréhensive à l’égard de la Biélorussie».

«Mélenchon mériterait que je le poursuive en diffamation»

Offusqué par les paroles du tribun du Front de Gauche, le journaliste de Libération déclare:

«M. Mélenchon mériterait que je le poursuive en diffamation lorsqu’il m’accuse d’être un fainéant et de “faire des ménages”, une accusation grave que je le mets en demeure de prouver. Je lui répondrais simplement qu’il ferait mieux d’exercer son mandat et d’être présent lors des sessions plénières et en commission des affaires étrangères dont il est le vice-président rarement en exercice.»

Cette nouvelle affaire prouve en tout cas que Jean-Luc Mélenchon n’a pas fini de «se révolter contre les Médias». Une stratégie politique mûrement réfléchie, comme il l'expliquait dans une émission sur Arrêt sur images (lien payant) il y a un an:

«Chaque fois que j’augmente le nombre de gens qui ne croient pas à ce qui est écrit dans la presse, j’augmente la taille de mon camp. Car si le peuple croit ce qui est écrit dans la presse, je n’existe plus…»

Photo: Jean-Luc Mélenchon à la Fête de la Fraternité à Arcueil, en septembre 2010. REUTERS/Gonzalo Fuentes.

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