Culture

Arcade Fire et Vampire Weekend célèbrent l'anxiété sociale

Slate.fr, mis à jour le 24.01.2011 à 16 h 04

Et si Vampire Weekend et Arcade Fire étaient vraiment symptomatiques des malaises de la société américaine en 2010? Le Village Voice s'intéresse de près à la réussite des derniers albums de deux groupes majeurs de la scène pop/rock indépendante. Les New-yorkais de Vampire Weekend et les Canadiens d'Arcade Fire se sont retrouvés, à quelques mois d'intervalle, en tête des charts calculés par Billboard.

En janvier 2010, l'album Contra, deuxième opus de Vampire Weekend, se classe en première position devant les sorties de Suzanne Boyle ou de Kesha. Sept mois plus tard, The Suburbs occupe aussi les devants des bacs de disques. Pourquoi accorder à Arcade Fire et Vampire Weekend autant d'importance? Parce que, l'auteur Eric Harvey en est persuadé, ces groupes sont aussi le fruit de la psyché actuelle. Et cette constatation n'est pas une mauvaise chose pour le consommateur lambda.  

«Nous venons de vivre une année noire pendant laquelle, les gens perdaient leur maison à cause de faux calculs mathématiques. Nous avons participé à des guerres invisibles, le Time a élu un jeune programmeur (Mark Zuckerberg) qui s'est enrichi sur nos besoins de '“liker” des produits industriels (...) Si les albums de musique peuvent servir de leçon de vie, alors Contra et The Suburbs justifient la présence du rock comme art démocratique: se démarquer tout en restant ensemble.»

Harvey décrit les chansons de Contra comme un flou artistique branché, à l'opposé de l'homme moderne anxieux, le personnage préféré de The Suburbs (traduction: la banlieue). Mais les chansons de Vampire Weekend prennent une autre dimension quand le groupe se retourne contre la main qui l'a nourri, chroniquant une génération perdue dans de vaines querelles esthétiques.

Selon l'auteur, Contra et The Suburbs débutent sur des narrateurs luttant pour retrouver des sensations humaines galvaudées par le commerce, la technologie ou même l'absence de langage. Il décrypte ensuite les deux chemins empruntés par Arcade Fire et Vampire Weekend pour imposer des choix de vie.

Photo: Vampire Weekend at Columbia University, New York / rawkblog2 via Flickr CC License by

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