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Le gène de l'alcool choisit-il vos amis?

Slate.fr, mis à jour le 19.01.2011 à 17 h 12

Vous pensiez avoir choisi vos amis un peu par hasard, en fonction d’intérêts communs ou d’une compatibilité émotionnelle particulière. Mais selon des chercheurs de l’université de San Diego, vos gènes ont peut-être joué un rôle dans vos choix d’amis, et notamment celui qui détermine la propension à boire de l’alcool, rapporte ABC News.

L’étude, parue dans la revue Proceedings of the National Academy of Science, porte sur un groupe de 5.000 personnes, et étudie l’influence de six gènes spécifiques sur le choix des fréquentations. Les chercheurs ont décelé une corrélation entre la présence de deux gènes et les réseaux d’amis des personnes porteuses de ces gènes. Ainsi, ils ont trouvé que les personnes portant le gène DRD2, qui influencerait notre comportement face à l’alcool, ont tendance à avoir des amis portant également ce gène. Le site io9 écrit:

«Il existe évidemment des explications non-biologiques à nos relations. Après tout, les personnes qui possèdent ce gène ont plus de chance d’être des buveurs occasionnels, ce qui veut dire qu’ils ont plus de chances de rencontrer des gens semblables dans des bars ou des fêtes. Mais la force de la connexion indique qu’il y a une composante biologique, car les personnes portant le gène DRD2 se rapprochent systématiquement.»

Les chercheurs ont trouvé une corrélation avec un autre des six gènes étudiés, mais négative cette fois, qui montre que nous sommes parfois attirés par ceux qui ont des traits opposés aux nôtres, ce qui donnerait une légitimité génétique au proverbe «les contraires s'attirent», relève io9.

Le généticien Shawn McCandles, directeur du Centre de génétique humaine au University Hospitals Case Medical Center, ne cache pas son enthousiasme face aux résultats de l’étude:

«Dans une certaine mesure, cela pourrait changer notre manière de penser au fonctionnement de l’évolution, aussi bien en termes philosophiques que mathématiques.»

Josh Kaplow, professeur de la School of Public Health de l’université d’Alabama, explique que si l’étude nous éclaire sur les mystères des interactions humaines, la génétique n’est qu’un des facteurs qui rentrent en compte dans les relations sociales:

«L’étude indique que les humains sont un mélange complexe de génétique et d’environnement. Notre composition génétique nous oriente dans une direction tandis que notre environnement détermine ensuite si nous nous détournons de cette route. Ce n’est pas l’inné contre l’acquis, mais l’inné avec l’acquis.

Photo: Three/^Riza^ via Flickr CC License by

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