Monde

Ces Haïtiens qui regrettent l'ex-dictateur Baby Doc

Slate.fr, mis à jour le 19.01.2011 à 10 h 06

Jean-Claude Duvalier, surnommé Baby Doc, est revenu le 16 janvier 2011 à Port-au-Prince, après 25 ans d'exil en France. A son arrivée, l'ex-dictateur a été accueilli par une foule de jeunes gens devant l'hôtel Caribe, où il est descendu. La correspondante de El Pais y était, et a constaté leur enthousiasme.

La plupart d'entre eux n'ont pas connu le pays sous le gouvernement de Baby Doc et paraissent ne rien savoir sur les détournements d'argent public et les assassinats politiques qui lui sont imputées. C'est le cas de Daniel Dimanche, un Haïtien de 26 ans:

«J'avais seulement un an quand Duvalier est parti de Haïti. Mais j'ai entendu dire tellement de choses sur lui que j'ai voulu venir le voir face-à-face. Les gens disent que quand il était président les rues étaient plus sûres, les personnes se respectaient plus, tout le monde vivait mieux, mais que depuis qu'il est parti, le pays va très mal.»

Le mandat de René Préval, l'actuel président haïtien, se termine le 7 février. Dans cette ambiance pré-électorale, le retour inopiné de l'ancien dictateur ne laisse pas indifférent dans les campements de Port-au-Prince. Même certains de ceux qui ont vécu sous la présidence de Jean-Claude Duvalier, de 1971 à 1986, ressentent la nostalgie Baby Doc. Esilia Pierre a 80 ans et voudrait juste un président qui l'aide à survivre:

«Moi ce qui me tue, c'est la faim. Si Baby Doc fait quelque chose pour moi, eh bien qu'il revienne en Haïti.»

Son mandat a pourtant coûté la vie à 60.000 personnes. Dès son retour en Haïti, Amnesty International s'est empressé de rappeler que «les violations des droits humains à grande échelle commises systématiquement en Haïti sous le régime Duvalier constituent des crimes contre l'humanité».

Il est peu probable que les espoirs messianiques que nourrissent certains Haïtiens envers Baby Doc se réalisent de toute façon. Mardi 18 janvier, Jean-Claude Duvalier s'est fait inculper pour détournements de fond, corruption et association de malfaiteurs. La justice haïtienne ne l'a cependant pas emprisonné. Il aurait volé plus de 100 millions de dollars avant sa chute.

Photo: E. Saint-Felix / Reuters

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