Life

Trois morts par minute sur Facebook?

Slate.fr, mis à jour le 18.01.2011 à 18 h 03

En 2011, 1,78 million d’utilisateurs de Facebook mourront dans le monde, soit un peu plus de trois par minute. C’est du moins l’estimation —très contestable— avancée par Entrustet, une société américaine du Wisconsin qui se présente comme aidant les individus à préparer l'avenir de leurs «actifs numériques» (comptes mail, réseaux sociaux, photos, vidéos...) après leur mort.

Pour la calculer, Entrustet est partie du nombre d’utilisateurs de Facebook aux Etats-Unis (environ 146 millions au 1er janvier) et les a répartis en catégories d’âge (14 ans et moins, 15 à 19 ans, 20 à 24 ans...) grâce au «profilage» statistique communiqué par Facebook à ceux qui achètent de la publicité. Elle a ensuite multiplié les chiffres obtenus par le taux de mortalité de chacune des catégories, trois fois plus important pour les 35-44 ans que pour les 15-19 ans, par exemple, alors que les deux groupes d’âge sont de taille comparable sur Facebook.

Résultat: 408.000 décès prévus d’utilisateurs de Facebook aux Etats-Unis cette année. En extrapolant sur le monde entier, où Facebook progresse vers les 600 millions d’utilisateurs, Entrustet estime qu’on arrive à 1,78 million de morts. Le site conclut notamment que «les plus de 64 ans représentent 50% des décès d’utilisateurs», ce qui est dû au fait que «de plus en plus de gens âgés rejoignent Facebook, et que plus généralement les utilisateurs de Facebook vieillissent».

Des chiffres très différents chez Facebook

Bien entendu, cette méthodologie est critiquable, et Entrustet le reconnaissait elle-même en partie dans sa précédente étude sur le sujet, publiée en septembre dernier. En effet, il est fort possible, en dehors de l'effet âge qui est pris en compte (ce qui aboutit à un taux de mortalité de 2,9 pour mille inscrits, près de trois fois moins important que le taux de mortalité américain), que le profil des utilisateurs de Facebook soit socialement différent, et donc leur taux de mortalité aussi.

Il est aussi possible que les taux de mortalité des utilisateurs de Facebook dans les autres pays tranchent avec celui des Américains: pour la population entière, celui-ci se situe dans la moyenne mondiale, mais est plus bas que celui de nombreux pays européens et plus haut que celui de nombreux pays asiatiques.

Le site All Facebook avançait d’ailleurs l’an dernier les chiffres officiels du site de socialisation, très différents puisque ce dernier estimait que «seulement» 200.000 de ses utilisateurs meurent chaque année (sans qu’il soit clairement précisé le champ géographique de cette statistique). Un écart abyssal que Entrustet attribue au fait que relativement peu de peu de gens «mémorialisent» les profils de leurs proches décédés, une fonctionnalité créée par Facebook pour leur permettre de toujours accéder à ces pages. Il faut dire que la société a tout intérêt à interpréter les choses ainsi, puisque ses propres services sont concurrents de cette fonction...

Slate.fr avait consacré l’été dernier un article à la façon dont Facebook pouvait devenir une «pierre tombale virtuelle» participant du processus de deuil des proches d’un disparu, où nous nous interrogions sur la façon de «se comporter à long terme avec un "fantôme numérique"».

Photo: Blogging is Dead. Again par Mike Licht via Flickr CC License by.

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