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On en sait un peu plus sur la gueule de bois

Slate.fr, mis à jour le 18.01.2011 à 11 h 40

Quel est le meilleur remède contre la gueule de bois? Cette question fait régulièrement l’objet d’études scientifiques. La dernière en date ne prétend pas résoudre de manière définitive le problème, mais apporte de nouveaux éléments sur les maux de têtes de lendemain de fête. Michael Oshinsky et ses collègues de l’université Thomas Jefferson de Philadelphie en Pennsylvanie ont testé les effets d’une faible dose d’éthanol sur des rats sujets à des migraines, afin de créer un mal de tête causé par l’alcool sans les complications d’une intoxication.

L’éthanol, même à faible dose, entraîne des maux de tête à cause d’un composant qu’il produit, l’acétate. Après quelques heures, la peau autour des yeux des rats était devenue sensible au toucher, un signe de mal de tête. Les chercheurs ont ensuite donné des doses de caféine et de médicaments anti-inflammatoires, ce qui a eu pour conséquence de bloquer les acétates et soulager les maux de têtes.

De plus, les rats n’ont pas subi de déshydratation, allant à l’encontre de l’argument selon lequel le café ne devrait pas être utilisé pour soulager un mal de tête parce qu’il provoque une déshydratation supplémentaire.

L'étude, qui ne prétend pas que le café ou les anti-inflammatoires sont un remède miracle, confirme le rôle de l'acétate dans le processus de mal de tête lors de la gueule de bois, et observe les effets de ces produits pour réduire les symptômes chez les rats.

Dans les colonnes du News Scientist, Dan Levy, de l’université d’Harvard, estime que les maux de têtes des rats de l’expérience ne sont pas forcément des «gueules de bois» à proprement parler, mais il considère que l’étude représente une étape importante dans la compréhension des maux de tête liés à l’alcool.

En 2005, des chercheurs de l’université d’Exeter avaient recensé 296 études sur les potentiels remèdes contre la veisalgie  (le terme savant pour la gueule de bois), allant du café à l’aspirine en passant par la banane, les œufs, l’activité physique ou encore le sommeil. Sur ce total, ils avaient conclu que seulement 8 répondaient aux critères d’une étude scientifique avec répartition aléatoire. Leur conclusion: il n’existe pas de preuve d’une intervention efficace pour «traiter ou prévenir la gueule de bois». Dans un travail similaire, l’école de médecine de l’Indiana était parvenue aux mêmes conclusions en 2008. De quoi contredire les promoteurs des boissons dégrisantes qui ont récemment fait leur apparition dans les supermarchés. 

Photo: elvissa, via Flickr CC License by

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