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L'ordinateur champion de «Jeopardy» en grande forme

Slate.fr, mis à jour le 15.01.2011 à 13 h 18

Vous vous rappelez de Jeopardy!, le célèbre jeu télévisé américain, adapté en France à la fin des années 80, où il s'agit, non pas de donner la réponse à une question, mais la question correspondant à une réponse? Comme l'expliquait CNN en décembre, ses organisateurs ont annoncé que les deux plus grands champions du jeu, Ken Jennings et Brad Rutter, allaient affronter mi-février un joueur virtuel créé par IBM. Et le pronostic n'est pour l'instant pas favorable à l'humain face à l'ordinateur.

Le site Engadget rapporte en effet que, lors d'un entraînement organisé le 13 janvier juste avant l'enregistrement des émissions, «Watson» (le nom du programme d'IBM) a devancé ses concurrents en chair et os, terminant la partie avec un gain de 4.400 dollars (3.300 euros environ), contre 3.400 pour Jennings et 1.200 pour Rutter. A eux deux, ces concurrents avaient amassés près de 6 millions de dollars lors de leurs passages télévisés.

«Ce qui est clair, c'est qu'il n'est pas idiot, et on dirait que la meilleure tactique pour les humains sera d'appuyer sur le buzzer avant qu'il n'ait eu le temps de procéder à son programme de décision en trois secondes et d'activer le sien», écrit Engadget. Le site précise que Watson, qui «répond de sa froide voix informatisée et affiche son degré de certitude avec un changement de couleur sur son "avatar"», utilise simultanément «des milliers d'algorithmes» fondés sur «de vastes bases de données, même s'il n'a pas de connexion internet –cela constituerait apparemment une tricherie au Jeopardy».

Comme Kasparov contre Deep Blue?

David Ferrucci, le scientifique responsable du programme chez IBM, tenait un discours quasiment messianique il y a un mois dans un communiqué de presse, affirmant que «au-delà de l'excitation de la compétition en elle-même», son équipe était très motivée par les possibilités créées par Watson en vue de «bâtir une planète plus intelligente et aider les individus dans leurs tâches professionnelles et leurs vies personnelles».

Ce match entre l'homme et la machine en rappelle d'autres célèbres comme le duel d'échecs entre Garry Kasparov et Deep Blue, remporté par le russe en 1996 avant une revanche de l'ordinateur d'IBM en 1997. Sauf que, comme le souligne Techland:

«Quand il s'agit d'intelligence artificielle, comme avec Deep Blue, la machine peut normalement comprendre des actions simples mais n'est jamais suffisamment intelligente pour se débrouiller avec des faits complexes et piégeux comme les questions et les catégories du Jeopardy»

Une situation que Watson espère corriger, ce qui amusait le blog BienBienBien, qui découvrait cette invention en juin dernier:

«On comprend bien l’intérêt de faire des ordinateurs qui comprennent le second degré et les jeux de mots douteux plutôt que des mots clés et des opérateurs booléens. Mais [...] l’humanité ne va-t-elle pas trop loin? A-t-on vraiment envie que l’informatique nous comprenne? Ou pense nous comprendre?»

On connaît en tout cas déjà des gens qui seront derrière la création d'IBM mi-février, ceux qui travaillent pour le secteur caricatif américain. Alors que le vainqueur gagnera 1 million de dollars, le deuxième 300.000 et le troisième 200.000, les deux humains ont promis de verser la moitié de leurs gains à des associations. La machine, qui n'a pas de crédit sur le dos pour sa voiture ou sa maison, leur a elle promis l'intégralité de ses gains. Elémentaire, mon cher Watson.

Photo: un des responsables du programme «Watson» (IBM).

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