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Dis-moi comment tu twittes, je te dirai où tu es

Slate.fr, mis à jour le 13.01.2011 à 16 h 44

Si vous êtes américain, en fonction de l'endroit où vous habitez, un sandwich peut être un «hero», un «sub», ou un «hoagie». Et ces particularités régionales semblent se renforcer avec l'utilisation de Twitter, lit-on sur le New Scientist. En effet, d'après une étude américaine, le service de microblogging contribue à la diffusion et à la rénovation du slang et des expressions linguistiques régionales. Les dialectes sont si prononcés sur Twitter qu'il est possible de localiser un utilisateur tout simplement en observant les mots qu'il emploie.

Ce serait même la nature concise des tweets (140 caractères maximum) qui favoriserait la créativité linguistique, rapporte La Repubblica.

Les chercheurs ont ainsi découvert que si un utilisateur veut employer le terme «cool», il écrira «koo» sur Twitter s'il est dans la zone de San Francisco, alors qu'il priviligiera «coo» s'il se trouve dans le Sud de la Californie. Ou encore, si une personne est «hella tired» au Nord de la Californie, elle sera «deadass tired» à New York («mort de fatigue»).

Afin d'évaluer le rôle des réseaux sociaux dans le développement des dialectes aux Etats-Unis, les chercheurs de la Carnegie Mellon University de Pittsburgh ont analysé 380.000 tweets datant de la première semaine de mars 2010, relate Newser. Un chiffre qui correspond à environ 15% des tweets envoyés pendant cette semaine: les chercheurs ont en effet appliqué des filtres afin d'exclure les agents commerciaux et les spams, explique le New Scientist. Ils n'ont ainsi retenu que des comptes disposant d'une géolocalisation précise, ayant twitté au moins 20 fois dans la semaine, et n'ayant pas plus de 1.000 followers. Le résultat: un échantillon de 380.000 messages et 9.500 comptes, pour un total de 4,7 millions de paroles.

Quand l'équipe a ensuite comparé ce que les mots leurs disaient avec la géolocalisation de l'utilisateur, les chercheurs se sont rendus compte qu'ils pouvaient repérer la localité de l'utilisateur, avec une marge d'erreur de 300 milles (environ 480 kilomètres).

Un résultat inquiétant en ce qui concerne la protection de la vie privée des utilisateurs des réseaux sociaux: la composante régionale des tweets permet d'identifier la localisation de l'utilisateur, même si ce dernier décide n'utilise pas les applications de géolocalisation (comme Foursquare, Facebook Places ou Gowalla).

Photo: Twitter Profile, Rosaura Ochoa via Flickr CC License by

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