Monde

Wikileaks: les hommes politiques italiens ne combattent pas la mafia

Slate.fr, mis à jour le 13.01.2011 à 14 h 31

«Même si les associations d'entrepreneurs, les groupes de citoyens et l'Eglise, témoignent d'un engagement prometteur dans la lutte contre la criminalité organisée, on ne peut pas dire la même chose des hommes politiques italiens, en particulier au niveau national Voilà comment  J. Patrick Truhn, consul général des Etats-Unis à Naples, décrit, dans une dépêche datant de juin 2008, la situation de la lutte contre la mafia en Italie. «Comme nous l'a rappelé Roberto Saviano, le thème (de la lutte à la criminalité organisée) était virtuellement absent de la campagne électorale de mars-avril », poursuit le diplomate, cité par la Repubblica.

Ces dépêches, qui concernent la lutte contre la mafia, ont été publiées par Wikileaks, lit-on sur Il Corriere della Sera. Dans un rapport datant de juin 2008, le diplomate explique que des «milliards de dollars alloués par les gouvernements de l'Union européenne finissent dans les mains des organisations criminelles».

Le gouvernement n'est pas le seul à se faire épingler par le diplomate américain. «L'Eglise catholique est critiquée pour ne pas assumer une position publique forte contre la criminalité organisée. Un des rares prêtres qui l'a fait, père Luigi Merola, est maintenant sous escorte, tout comme l'évêque Michele Pennisi», écrit Thrun, qui suggère à Washington de «chercher la coopération du Vatican».

Autre suggestion du diplomate à son pays: «Travailler pour faire comprendre au nouveau gouvernement que la lutte contre la criminalité organisée est une priorité importante pour le gouvernement américain, et que les coûts économiques dramatiques de la criminalité sont un argument convaincant pour une action immédiate.» «Ceux qui luttent contre la mafia, souligne le consul, ont besoin d'être considérés comme de vrais modèles. Et Saviano pourrait bien être sur cette route.»

Parmi les dépêches, on trouve même un rapport sur la rencontre entre Thrun et l'écrivain. «Quand nous lui avons demandé comment le gouvernement américain, au-delà de la coopération judiciaire, pourrait mieux soutenir la lutte contre la criminalité organisée, Saviano a répondu: "Uniquement en parlant de ce problème, vous lui donnez une crédibilité que le reste du monde, les Italiens inclus, ne peut pas ignorer".»

Photo: La Pieuvre, Louis Van Houtte, wikimedia.

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