Monde

Haïti, un an après

Slate.fr, mis à jour le 12.01.2011 à 17 h 13

Ce 12 janvier 2011 marque le premier anniversaire du tremblement de terre qui a frappé Haïti au début de l’année 2010. Le séisme, d’une magnitude de 7,3 sur l’échelle de Richter et dont l’épicentre était situé à seulement 25 kilomètres de la capitale Port-au-Prince, a fait autour de 250.000 victimes selon les estimations et 3 millions de sinistrés sur les 9 millions d’habitants du pays selon les estimations de l’ONU quelques jours après la catastrophe.

Youphil*, site Internet spécialisé dans la solidarité et l’humanitaire, consacre de nombreux articles à la situation du pays un an après le séisme. Dans un article intitulé «Haïti, le bourbier des ONG», Elodie Vialle soulignee les difficultés rencontrées par les ONG humanitaires et les critiques qui s’élèvent contre elles. Le plus grand obstacle à leur bon fonctionnement est le manque de coordination: et la crise a révélé les limites du système des «clusters», «qui consiste à réunir plusieurs ONG qui couvrent le même champ d’action pour définir une stratégie commune». Autre problème: les ONG y sont trop nombreuses (plus de 1.000 ONG auraient débarqué à Port-au-Prince après le séisme), et se soucient parfois plus de leur image que de la reconstruction. Youphil propose à ce sujet une interview intéressante sur la nécessité d’évaluer l’action des ONG. Disaster Acccountibility Project propose quant à elle un rapport sur un an de travail à essayer d’évaluer les ONG en Haïti où leur manque de transparence est criant: 80% d’entre elles ont refusé de répondre au questionnaire de l’organisation. A noter cette infographie qui donne une bonne vue d’ensemble de l’aide internationale pour Haïti ou encore ce retour chronologique sous forme de frise de l’ONG Aide et Action.

Le site 20minutes.fr propose également une série de reportages sur place. Premier constat: le pays est encore en ruines. «Seulement 5% des 20 millions de mètres cubes de gravats ont été déblayés», écrit le journaliste Mathieu Goar. Le journaliste du Monde Luc Vinogradoff revient sur les faits marquants de l’année 2010 en Haïti: le séisme bien sûr, puis la deuxième catastrophe, celle du choléra, et l’instabilité politique qui a aggravé la situation déjà très difficile du pays.

Mais il y a certains signes encourageant pour la reconstruction économique du pays. La veille de l’anniversaire, l’entreprise coréenne Sae-A Trading signait un accord avec le gouvernement haïtien qui devrait en faire le premier employeur du pays: l’entreprise va implanter un parc industriel pour l’exportation de textile et créer 20.000 emplois. Bill Clinton, émissaire spécial de l’ONU en Haïti, a déclaré qu’il s’agissait d’un pas dans la bonne direction et espère que d’autres investisseurs suivront. Le textile représentait 75% des exportations d’Haïti avant le séisme. Dans le secteur bancaire, ce sont des entreprises canadiennes qui investissent, qu’il s’agisse de micro finance ou de services bancaires basiques pour la population, et reconstruisent petit à petit un secteur financier anéanti par le tremblement de terre.

Le pape Benoît XVI a quant à lui choisi cet anniversaire pour nommer le nouvel archevêque d’Haïti, monseigneur Guire Poulard. Son prédécesseur avait été tué dans le séisme, qui avait également détruit la cathédrale nationale.

* (Fondé par Jean-Marie Colombani, également cofondateur de Slate.)

Photo: Une rue de Port-au-Prince, le 17 janvier 2010 Daniel Aguilar / Reuters

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