France

Controverse autour du bilan des voitures incendiées le 31 décembre

Temps de lecture : 2 min

Dans une tribune publiée sur Mediapart, et accessible gratuitement, le sociologue Laurent Mucchielli revient sur la polémique sur le bilan des véhicules incendiées lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, et cherche à prendre à contre-pied cinq « idées reçues » autour du comptage.

Alors que Brice Hortefeux avait refusé de communiquer sur ce sujet en déclarant ne pas vouloir participer à une course à l'échalote entre cités, Mucchielli déclare que le risque de «contagion médiatique» prévaut à l'échelle locale mais «ne tient pas» à l'échelle nationale.

Le sociologue remet également en cause la fiabilité de ces comptages et le niveau de mobilisation policière «comparable à celui des émeutes de 2005». Rien ne justifiait selon lui un tel battage policier puisqu'aucun «élément déclencheur» n'avait été relevé lors des semaines précédentes.

Plus intéressant encore, Laurent Mucchielli revient sur la perception biaisée que l'on peut avoir de ce genre d'évènements. Bien souvent, ces incidents sont perçus comme un avatar du sentiment de révolte des délinquants envers «l'Etat». La réalité s'avère selon lui, bien plus complexe: Mucchielli considère que l'on sous-estime les jeux d'adolescents ordinaires mais également la stratégie des bandes qui profitent de ce «moment particulier» pour des «réglements de compte».

Enfin, le chercheur pointe du doigt les escroqueries à l'assurance trop souvent oubliées lors des bilans comptables, alors qu'entre 10 et 30% des véhicules incendiés sont imputables à ces tentatives de fraudes.

Luc Bronner, journaliste et spécialiste des banlieues au Monde, nuance cependant ce raisonnement puisqu'il affirmait l'an dernier que malgré les raisons invoquées précédemment,
«le phénomène des voitures brûlées s’était étendu et banalisé, [...] l’incendie étant devenu un outil banal de manifestation, de colère mais aussi de joie». Dans un article publié la semaine dernière, le même journaliste évalue à 40.000 le nombre de voitures brûlées en 2010, dont 900 à 1.000 la nuit du 31 décembre, chiffre qui reste élevé par rapport au reste de la décennie.

Image: une voiture brûle à Hautepierre dans la banlieue de Strasbourg, le 31 décembre 2008. REUTERS/Jean-Marc Loos.

Slate.fr

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