Monde

Le chien qui se moquait d'Hitler

Slate.fr, mis à jour le 07.01.2011 à 18 h 25

Dans les premiers mois de 1941, le ministère des Affaires étrangères de l'Allemagne nazie était particulièrement occupé: la Seconde Guerre mondiale fait rage, et les troupes du Führer combattent sur plusieurs fronts, raconte Il Corriere della Sera. Et pourtant, alors que la guerre planétaire sévit, les fonctionnaires allemands estiment devoir consacrer leur attention à une histoire de chien. Et même pas un chien de race! Jackie est un chien bâtard, qui vit à des milliers de kilomètres de Berlin, à Tampere, une ville du sud-ouest de la Finlande.

Mais qu'a donc fait Jackie pour s'attirer les foudres du régime allemand? Son patron, Tor Borg, un magnat de l'industrie pharmaceutique finlandaise, lui avait appris à lever la patte en imitant le salu nazi, explique Gawker.

Cette étrange histoire, découverte par un chercheur du bureau des Affaires étrangères allemand, a été racontée dans l'édition de samedi 8 décembre 2010 du Die Tageszeitung par Klaus Hillenbrand, auteur de différents livres sur l'époque nazie. L'historien a pu consulter une trentaine de documents de l'époque retrouvés récemment afin qu'il les étudie et le classe. C'est dans ces documents que se trouvaient ceux contant l'histoire de Jackie.

Interrogé par l'Associated Press avant la parution de l'article, Klaus Hilldebrand explique que le vice consul allemand à Helinski, Willy Erkelenz, écrit à Berlin en parlant d'«un témoin, qui ne veut pas être nommé, qui dit avoir entendu et vu le chien de Borg lever sa patte à l'ordre “Hitler”». Borg est alors convoqué à l'ambassade et interrogé sur les habitudes de son chien. Il nie que le nom du chien soit Hitler (c'est ainsi que sa femme l'avait renommé). Il essaye d'amoindrir la portée des faits dont il est accusé, en expliquant que le lever de patte ne s'était produit que quelques fois, des années auparavant, sans aucun lien avec le salut nazi. Il fait écrire que ni sa femme ni lui n'ont «rien fait qui puisse être considéré comme une insulte contre l'empire allemand». Des paroles qui ne convainquent pas le consul, qui écrit dans son rapport à Berlin: «Borg, malgré ses affirmations, ne dit pas la vérité.»

Les Allemands auraient même pensé à lancer une campagne pour ruiner les affaires de Borg, mais ils ne pousseront pas aussi loin. La chancellerie d'Hitler décide finalement que cela n'en vaut pas la peine: «Gérer une guerre mondiale était peut-être plus important que poursuivre un chien et son propriétaire», ironise Gawker.

Photo: Adolf Hitler, Rednerposen, Hoffmann, Heinrich via Wikimedia.

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