Monde

Et si Ahmadinejad était un modéré?

Slate.fr, mis à jour le 05.01.2011 à 15 h 06

Un nouveau câble diplomatique rendu public mardi par Wikileaks confirme les luttes de pouvoir qui ont lieu à la tête du régime iranien.

Le rapport daté de novembre 2009 révèle que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad aurait songé à accepter la proposition soutenue par l'ONU d'échange de combustible nucléaire. Ce deal onusien impliquait que l'Iran accepte d'abandonner le contrôle de son stock d'uranium faiblement enrichi en échange d'un approvisionnement en combustible.

The Huffington Post rappelle:

«La proposition d'échange de carburant reste la pièce maîtresse des efforts internationaux pour un plus grand contrôle sur le programme nucléaire iranien, dont l'Occident et d'autres redoutent qu'il puisse mener au développement d'armes atomiques

Téhéran continue de soutenir de son côté que ce programme de recherche nucléaire est purement civil.

Le câble révèle que Mahmoud Ahmadinejad a dû renoncer à cette proposition en raisons des «pressions internes» de la ligne dure du régime qui aurait interprétée cette décision comme une «défaite virtuelle». Dans une discussion avec le ministre turc des Affaires étrangères qui aurait eu lieu à la fin de l'année 2009, le président iranien aurait reconnu que ce refus était plutôt d'ordre «psychologique» puisqu'il aurait également fallu gérer l'écho généré au sein de «l'opinion publique» iranienne. Rappelons qu'au début du mois de décembre dernier, Mir Hossein Moussavi, l'un des leaders de l'opposition iranienne, avait déjà estimé que Wikileaks montrait «la vulnérabilité» du régime iranien.

Les dernières révélations divulguées par Wikileaks éclaire en tout cas d'un jour nouveau le rôle joué par Ahmadinejad au sein du régime. Celui que les diplomates américains ont comparé à Hitler semble sans nul doute un partisan d'une ligne plus modérée que celle des fondamentalistes incarnée par le Guide Suprême Ali Khamenei. Une impression confirmée par ce câble qui rapporte que les diplomates turcs considèrent Ahmadinejad comme étant «plus flexible que les autres membres du gouvernement iranien».

Alors que les pourparlers entre l'Iran et les grandes puissances internationales ont repris à Genève depuis un mois, cette dernière révélation indique que les Etats-Unis semble vouloir utiliser la Turquie comme un «médiateur» pour trouver une sortie de crise avec Téhéran. Un pari loin d'être atteint puisque Washington jugeait mardi la dernière proposition iranienne comme relevant de la «pitrerie».

Photo: Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Raheb Homavandi / Reuters

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