Life

Notre cerveau retrécit: signe de bêtise ou d'intelligence?

Slate.fr, mis à jour le 05.01.2011 à 10 h 47

Contrairement à ce qu'on pensait, notre cerveau est aujourd'hui plus petit que celui des hommes de Cro-Magnon. Le cerveau humain a bien grossi pendant des années, mais depuis 20.000 ans il a commencé à rétrécir, et ne s'est plus arrêté. Comme l'explique l'anthropologue John Hawks à Discover Magazine:

«C'est une diminution majeure en un clin d'oeil évolutionniste. Et la même chose s'est passée en Chine, en Europe, en Afrique, partout où nous regardons.»

Si ce rétrécissement continue au même rythme pour les 20.000 prochaines années, notre cerveau va finir par faire 1.100 centimètres cubes, la taille de celui de l'Homo erectus, notre ancêtre d'il y a 500.000 ans.

L'homme de Cro-Magnon –qui vivait en Europe il y a entre 20.000 et 30.000 ans– avait le plus gros cerveau de toutes les espèces humaines. Nos cerveaux actuels sont 10% plus petits, ils ont donc perdu l'équivalent «de la taille d'une balle de tennis» explique NPR. 

Devenons-nous plus bêtes?

Les scientifiques ne s'accordent pas tous sur les implications de cette évolution: certains arguent que ce rapetissement est un signe que nous sommes devenus moins intelligents. Deux scientifiques ont ainsi découvert que la taille du cerveau augmentait et diminuait en fonction de la densité d'une population. Ils en ont conclu que plus les sociétés devenaient complexes, et plus la taille du cerveau diminuait parce que les gens n'avaient plus besoin d'être aussi intelligents pour rester en vie et se reproduire.

Même si l'anthropologue Brian Hare admet que c'est une possibilité, il soutient au contraire qu'il faut voir cette évolution comme un avantage:

«Un plus petit cerveau signifie qu'on n'a pas choisi l'agression. Ou pour le dire autrement, une augmentation de notre tolérance.»

D'après Brian Hare, une population peut être considérée comme domestiquée quand elle choisit de ne pas agresser. Et chez plusieurs types d'animaux domestiqués, ce choix a affecté leur physiologie: leur squelette est plus léger et long, leur front plus plat, et leur cerveau plus petit.

En étudiant les chimpanzés et les bonobos –ces derniers ayant un cerveau plus petit et manifestant moins d'agressivité que les premiers–, il a remarqué la difficulté des chimpanzés à travailler à plusieurs pour résoudre un problème:

«S'il n'y a pas beaucoup de nourriture et qu'elle est difficile à partager, les bonobos peuvent résoudre ce problème. Les chimpanzés, dans le même contexte [...] refusent simplement de travailler ensemble. Ils ne peuvent pas résoudre le problème, alors même qu'ils savent comment le faire.»

Photo: Cerveau/Dierk Schaefer via Flickr License CC by

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