Economie

Pour éliminer la pauvreté, il faut payer les pauvres!

Slate.fr, mis à jour le 04.01.2011 à 16 h 04

Dans un bidonville de Rio, en septembre 2010. REUTERS/Sergio Moraes

Dans un bidonville de Rio, en septembre 2010. REUTERS/Sergio Moraes

Le Brésil a-t-il inventé la méthode la plus efficace pour vaincre la pauvreté? La célèbre journaliste du New York Times Tina Rosenberg, qui a obtenu le prix Pulitzer pour son livre The Haunted Land (Le territoire hanté), en est convaincue. Dans les pages opinions du New York Times, elle met en avant la capacité du Brésil à partager la richesse nouvelle créée au cours des dernières années, au contraire des Etats-Unis.

Et le Brésil vient de loin. La ville de Rio de Janeiro doit notamment «sa réputation infamante au fait qu'on peut d'une baraque dans un favela misérable pratiquement voir à travers les fenêtres d'un luxueux condominium... Une partie du Brésil ressemble au sud de la Californie et une autre à Haïti».

Tina Rosenberg ajoute qu'encore très récemment le Brésil était le pays le plus inégalitaire au monde. Mais que ces inégalités se sont réduites au cours des dernières années plus vite que dans aucun autre pays au monde. Le revenu moyen des pauvres au Brésil au augmenté entre 2003 et 2009 sept fois plus vite que celui des riches. Durant cette même période, la part de la population considérée comme pauvre est tombée de 22% à 7%.

Et cette révolution est surtout la conséquence d'un programme social que le président Lula a étendu à une grande échelle, la fameuse Bolsa Familia (bourse familiale). Il s'agit d'une pension versée aux familles pauvres sous certaines conditions, notamment d'envoyer les enfants à l'école, de leur faire passer des visites médicales, de suivre des programmes d'aide sanitaire… Les paiements sont presque toujours attribués aux femmes compte tenu du fait qu'il y a beaucoup plus de chances qu'elles dépensent cet argent pour leur famille. Une famille au Brésil vivant dans l'extrême pauvreté double ainsi ses revenus avec la Bolsa Familia.

Pour Tina Rosenberg, le succès de la Bolsa Familia est de deux ordres. Immédiat, en apportant de l'argent à ceux qui en ont le plus besoin. «Cela marche. Et non, l'argent n'est pas volé ou récupéré par des personnes en ayant moins besoin...» Et à plus long terme, en donnant aux enfants une meilleure éducation et une meilleure santé.

Au rythme où va le Brésil, les Etats-Unis seront bientôt plus inégalitaires. L'article du New York Times souligne qu'entre 1980 et 2005, les quatre cinquième de l'augmentation des revenus aux Etats-Unis sont allés au 1% des Américains les plus riches...

Photo: Dans un bidonville de Rio, en septembre 2010. REUTERS/Sergio Moraes

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