Monde

Ahmadinejad giflé par un haut responsable iranien

Temps de lecture : 2 min

Selon un câble publié récemment par Wikileaks et rapporté par Der Spiegel, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad aurait été violemment pris à parti par le commandant des Gardiens de la Révolution en raison de ses prises de positions jugées trop libérales.

Le câble diplomatique relate le contenu d'une réunion du Conseil Suprême de Sécurité Nationale qui se serait tenue en janvier 2010, peu de temps après les manifestations de l'Ashura contestant la réélection du président iranien. Mahmoud Ahmadinejad aurait surpris les membres du conseil en suggérant d'accorder davantage de «libertés sociales et personnelles, ainsi que plus d'autonomie à la presse», rapportant le fait que les «gens se sentaient étouffés».

Ce plaidoyer progressiste aurait alors plongé Mohammed Ali Jafari,commandant des Gardiens de la Révolution (principale organisation paramilitaire du régime), dans une colère noire. Le chef des Pasdarans aurait ainsi déclaré:

«Vous avez tort! C'est vous qui avez créé ce bordel! Et maintenant vous voulez donner plus de libertés à la presse?»

Avant de se lever et de gifler le président iranien, sonnant ainsi le glas d'un Conseil de Sécurité qui ne se réunira plus durant deux semaines.

Lors de la vague verte qui avait secoué le pays des Mollahs en décembre 2009, les Gardiens de la Révolution s'étaient imposés comme la clé de voûte du régime en écrasant les manifestations dans le sang. Apparus pendant la guerre Iran-Irak en 1979, l'influence des Pasdarans n'a jamais cessé de croître puisqu'ils contrôlent désormais des pans entiers de l'économie iranienne. Placés sous l'autorité du Guide Suprême Ali Khamenei, cet accrochage illustre la lutte de pouvoir actuelle à la tête de la République islamique.

Par la voix de son agence semi-officielle Fars, l'Iran a formellement démenti cet incident. Pourtant, comme le révélait Los Angeles Times en septembre dernier, les querelles intestines se multiplient au sein de la nomenklatura islamique. Rien ne va plus entre la branche fondamentaliste incarnée par Ali Khamenei et la ligne conservatrice tenue par Mahmoud Ahmadinejad. Dernier épisode en date de cette guerre larvée? Le limogeage express du ministre des Affaires étrangères décidé par Ahmadinedjad alors que ce dernier était en voyage officiel au Sénégal.

Dans les notes du câble révélées par Wikileaks, beaucoup de politiciens locaux se montrent sceptiques quant à l'avenir politique du président iranien et indiquent qu'il ne sera vraisemblablement pas en mesure de terminer son mandat. Les opposants réformistes tels que Medhi Karoubi cherchent désormais à profiter de cette dissension au sommet de l'Etat.

Photo: Mahmoud Ahmadinejad à Kerman, en mai 2010 - REUTERS/Ho New

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