Monde

Le partage de Jerusalem se fait aussi sur Foursquare

Temps de lecture : 2 min

Que les juifs, les musulmans et les chrétiens arrêtent de se disputer à propos du Mont du Temple, l'affaire est réglée: le maire du lieu, sous le contrôle du gouvernement israélien et géré par le conseil islamique, est Ariela Ross, juive de 24 ans et avide utilisatrice de Foursquare, rapporte le Jerusalem Post.

La jeune femme a découvert ce réseau social qui permet aux utilisateurs de se géolocaliser en direct en pointant son arrivée à tel ou tel endroit pour tenir ses amis au courant de ses activités quotidiennes lorsqu'elle vivait à San Francisco. Depuis, elle se livre à un «pointage» effréné dans tout Jerusalem: elle est «maire» de 43 lieux explique le New York Observer, depuis la Porte de Damas au quartier chrétien de la vieille ville, en passant par les bureaux de son dentiste et toutes sortes de bars.

Avec le développement du réseau social dans une ville vient rapidement une concurrence entre ses différents usagers: il n'est plus seulement question d'annoncer à ses amis où on est ou ce qu'on aime mais d'être le «maire» du plus d'endroits possibles en y pointant constamment. Jerusalem ne fait pas exception à la règle, même s'il y a encore peu de fans de Foursquare dans la ville (9 pointages ont suffi à Ariela Ross pour devenir «maire» de la mosquée Al-Aqsa qui fait partie du quartier musulman de la vieille ville de Jerusalem).

Le plus grand concurrent d'Ariela s'appelle David Abitbol, et était le «maire» d'Al-Aqsa jusqu'à ce qu'elle le supplante, explique-t-il dans un chat avec The New York Observer:

«Elle m'a dit sur Twitter qu'elle allait le "voler". Ce concept est bizarre. Je check-in parce que je veux dire à mes amis où je suis. Pas pour devenir maire. Je veux dire, qu'est-ce que ça m'apporterait?»

Alors que David Abitbol affirme que le fait de devenir «maire» sur 4square était une manière de marquer son territoire, Ariela Ross dément que ses pointages soient religieux ou politiques:

«C'est juste le domaine technologique. J'imagine que s'ils font une version en arabe et en hébreu, les gens pourraient se demander comment il est possible qu'une fille juive soit maire d'Al-Aqsa, mais je suis un peu une anomalie. J'ai plein d'amis très différents, des arabes, des juifs croyants, des soldats, des policiers...»

Serait-elle prête à renoncer à Al-Aqsa si des musulmans y voyaient un problème?

«Ils n'ont qu'à me la reprendre. S'ils y vont assez souvent et rejoignent Foursquare et pointent, qu'ils la prennent. Mais je ne vais pas l'abandonner juste parce que ça pose un problème à quelqu'un.»

Il ne reste plus qu'à attendre que Foursquare se répande dans tout Jerusalem pour que les disputes territoriales se rejouent en ligne, d'autant qu'il n'est pas difficile de tricher sur Foursquare, en pointant dans un lieu alors qu'on n'y est pas, par exemple.

Pour info, le «vrai» maire de Jerusalem depuis le 11 novembre 2008 s'appelle Nir Barkat.

Photo: La mosquée Al-Aqsa / Barbara Kabel via Wikimedia Commons

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