Sports

Le succès du championnat du monde de Beer Pong

Slate.fr, mis à jour le 03.01.2011 à 9 h 15

RD BPongnews.com

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Spécialité typiquement américaine, le Beer Pong (un très lointain dérivé du basket, il s’agit de réussir à marquer des paniers — en l’occurrence mettre une balle de tennis de table dans des gobelets en plastique de la taille d’une pinte et faire boire son adversaire quand on a réussi) est désormais un sport. Oui. Jusqu’à présent réservé aux apéros festifs des facs américaines et aux consommateurs de vidéos sur le Net, le Beer Pong possède depuis 2006 un championnat officiel, le World Series of Beer Pong, dont la sixième édition se tient jusqu’au 4 janvier 2011 à Las Vegas.

Selon AOLNews, qui a rencontré Billy Gaines, un des organisateurs, c’est un succès puisque avec des centaines équipes déjà enregistrées, venant de quasiment tous les Etats des Etats-Unis, avec neuf pays représentés. L’enjeu est de taille: 65.000 dollars de prix (48.000 euros), dont 50.000 dollars (37.00 euros) pour l’équipe vainqueur.

Le championnat est désormais très codifié: outre des règles très précises concernant l’équipement (de la table à la balle), les organisateurs ont conservé l’esprit de jeu à boire, mais en limitant la consommation d’alcool :

«Pour chaque tour, nous distribuons une carafe de bière par table, ce qui fait environ l’équivalent d’un verre de bière par joueur. Nous surveillons la consommation d’alcool pour que les joueurs ne jouent pas trop mal, bien que certaines personnes assurent qu’ils s’en sortent mieux avec quelques verres. Cela fait baisser la pression, les joueurs sont plus détendus; mais trop de bière et les gens finissent en vrac».

Il s’agit, assure Billy Gaines, de dépasser les préjugés concernant le beer pong : c’est désormais plus qu’un jeu à boire. «Les gens jouent pour s’amuser, plus uniquement pour boire comme des trous». D’ailleurs, ceux qui gagnent sont ceux qui s’entraînent toute l’année et intègrent des stratégies pour distraire leurs adversaires. Y compris, dans les équipes mixtes, d’utiliser des décolletés outranciers et des mini-shorts.

Evidemment, tout cela n’a pas l’air très sérieux. Mais les deux organisateurs ont fait de ce jeu un business très sérieux, BPONG, qui a déjà généré un chiffre d’affaire annuel de 3 millions de dollars provenant des inscriptions au tournoi annuel, et des ventes d’une ligne de produits associés (chapeaux, tee-shirts, équipements divers, etc.) et ce championnat avait fait l’objet d’un documentaire produit par Morgan Spurlock (Super Size Me), Last Cup.

Puisque nous sommes à Las Vegas, parions sur l'avenir de ce jeu: pensez-vous qu'il pourrait devenir tellement populaire aux Etats-Unis que ses champions amasseront des sommes aussi folles que les leaders des ligues de Pêche au bar, de Scrabble, ou de bowling?

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