Monde

Les Allemands, plus gris que vert

Slate.fr, mis à jour le 26.12.2010 à 6 h 30

Blue Marble (Planet Earth), woodleywonderworks via Flickr CC License by

Blue Marble (Planet Earth), woodleywonderworks via Flickr CC License by

Il est souvent dit que l’écologie est maintenant enracinée dans la culture allemande. Pourtant, selon une étude très récente de l’office fédéral de l’environnement, les Allemands ne vont pas vraiment au-delà des discours et ne souhaitent en fait ni trop en faire, ni trop dépenser pour la cause verte.

L’étude mise en avant par la TAZ (die tageszeitung), intitulée «Conscience écologique en Allemagne en 2010», montre que tous les Allemands s’accordent sur un point: la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique est une question majeure. Plus de 4 Allemands sur 5 estiment ainsi qu’à l'échelle mondiale, l’environnement se porte mal. Pas moins de 78% des sondés pensent que des avancées politiques supplémentaires sont nécessaires pour empêcher une aggravation de la situation environementale. Ils sont 85% à approuver une conversion de l'économie vers les énergies renouvelables et 82% plaident pour que les Etats fassent d’avantage pression sur les acteurs économiques. Chez les écolos de toujours, les branchés, les connectés et les intellos, les valeurs du «green» ne cessent de grimper. Voilà pour les professions de foi et les discours. Dans la pratique, les choses sont un peu différentes.

Tout est d'abord une question de moyens. Si les personnes ayant des recenus modestes causent moins de tort à l'environnement, ce n'est pas par conscience politique mais tout simplement, comme l'explique Jochen Flasbath, président de l’office féréral de l’environnement: parce que «les riches ont plus d’argent à mettre dans leurs voitures, leurs objets «dernier cri» et leurs voyages en avion.» En fait et paradoxalement, la conscience idéologique est plus grande dans les milieux favorisés dont le mode de vie est le plus préjudiciable à la planète!

Du côté des petits gestes individuels pour la planète, l’étude révèle des progrès concrets – même si ces derniers apparaissent comme limités au regard de la prise de conscience écologique générale revendiquée. Ainsi, 26% des Allemands interrogés disent pratiquer l’auto-partage écologique et économique. Un tiers des plus jeunes sondés est favorable à une utilisation collective de la voiture.

D'une façon générale, plus les milieux sociaux sont défavorisés, plus augmente l'indifférence à l’action écologique. La crise économique n'a évidemment pas contribué à inciter à acheter des produits plus coûteux même si l'Allemagne en a moins souffert. Si 71% des personnes interrogées déclarent acheter des fruits et légumes de provenance régionale alors qu’ils étaient seulement 43% à le faire ou à le remarquer il y a deux ans, seuls 34% achètent du bio. Et la proportion de ceux qui accepteraient de payer plus cher pour des produits respectueux de l’environnement a chuté de 57% en 2008 à 49% en 2010.

Le ministre de l’environnement Norbert Röttgen se dit persuadé que le problème du climat ne pourra être surmonté sans que les citoyens s'impliquent massivement en y mettant la volonté et les moyens. «Pour les politiques, le réveil des consciences et l’encouragement des actions est une nécessité». Mais Jochen Flasbarth, président de l’office fédéral de l’environnement, semble plutôt de l’avis contraire. Il ne croit pas que la solution viendra des individus. A partir des résultats de l’étude, il conclut que «de nombreux Allemands attendent surtout des mesures écolo dans les secteurs de l’économie, de l’industrie, du transport et de la consommation».

Photo: Blue Marble (Planet Earth), woodleywonderworks via Flickr CC License by

 

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