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Comment hacker le top 10 du New York Times

Slate.fr, mis à jour le 22.12.2010 à 18 h 16

Capture d'écran du top 10 du New York Times au 22 décembre 2010

Avec 50 millions de visiteurs uniques par mois (soit plus d’1,6 million par jour) et pas loin de 2.800.000 abonnés Twitter, le New York Times est un des sites d’infos les plus lus et visités au monde. Surtout, son fameux top 10 des articles les plus envoyés  qui figure en une est un véritable baromètre de l’actu —souvent très américaine— du moment. Et comme le site prend en compte le nombre d’expéditeurs (et non pas de récipiendaires), le journaliste Thomas E. Weber s’est demandé à partir de combien d’envois un article se retrouve dans ce top, et surtout si l’on peut tricher pour se hisser parmi ce panthéon éphémère mais si important.

Weber a commencé par choisir un article scientifique publié deux semaines auparavant sur les risques financiers de la recherche, qui avait très peu de chance d’être envoyé en masse via la formulaire du New York Times. 48 personnes ont accepté de participer à cette expérimentation, et après qu’ils ont partagé le lien avec 135 personnes, l’article choisi s’est hissé à la 6e place du top 10, oui, mais celui de la rubrique «science», pas le top 10 affiché sur la page d’accueil du site.

Fort de ce premier succès, Weber a sorti l’artillerie lourde: il a déniché un obscur article vieux de trois semaines sur les mathématiques sumériennes, et recruté un peu plus de 1.000 personnes qui devaient, moyennant finance cette fois, se prêter au jeu. En moins de 3 jours, l’article est monté à la 3e place du top 10 toutes rubriques confondues sur la une du site. On sait désormais qu’il faut 1.270 emails pour occuper la fameuse liste du New York Times. Ce qui pourtant, comparé au nombre de visiteurs que reçoit le site, paraît très peu, comme le fait remarquer Weber:

«Si nos résultats sont exacts (...) il suffirait qu’un visiteur tous les 25.000 partage un article par email pour lui assurer une place, du moins pendant 24h, dans le sacro-saint top des articles les plus envoyés.»

S’il faut si peu de gens pour faire remonter un papier dans le top du New York Times, note Weber, alors «se pose la question de savoir si certains peuvent chercher à le manipuler, ou l’ont même déjà fait, dans leur propre intérêt». C’est déjà pour cette raison que le site a choisi de baser la sélection sur le nombre d’expéditeurs et non de récipiendaires, pour «minimiser la possibilité qu’une seule personne parvienne à se jouer du système».

Photo: Capture d'écran du top 10 du New York Times le 22 décembre 2010

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