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Pourquoi les chirurgiens ont peur des roux

Slate.fr, mis à jour le 22.12.2010 à 10 h 17

Les roux sont victimes de stigmatisation et de moqueries qui vont souvent plus loin que ce que l’on imagine, et rendent la vie de certains difficile. Mais les idées reçues sur les roux ne se limitent pas aux cours d’école ou aux groupes Facebook, et sont également présents dans des lieux où la science et la raison sont censés régner: les salles d’opération des hôpitaux. Dans un article publié dans la revue BMJ et cité par Healthland, des chirurgiens se sont penchés sur les idées reçues qui circulent sur les roux dans les hôpitaux en faisant une analyse de la littérature scientifique sur le sujet:

«Traditionnellement, les chirurgiens et les anesthésistes considèrent les patients roux avec appréhension à cause de leur réputation: ils saigneraient plus, auraient un seuil de tolérance à la douleur réduit et, bien que cela soit anecdotique, une tendance à développer des hernies.»

La rousseur provient d'une synthèse appelée phaeomélanine, qui donne aux roux leur teint pâle, leurs yeux clairs et les rend plus sensibles que les autres au soleil. Scientifiquement, la rousseur est une «anomalie»: sans parents roux, la probabilité pour qu'un enfant soit roux n'est que de 3%. En revanche, 80% de la population mondiale porte le gène roux (MC1R). Les roux composent 1 à 2% de la population mondiale, un chiffre qui monte à 13% en Ecosse, 10% en Irlande et environ 5% en France.

Sur la question de l’hémorragie, les chirurgiens ont trouvé deux études différentes dont le résultat est le même: les patients roux n’ont pas plus saigné que les bruns, qu’il s’agisse de saignements post-tonsillectomie (ablation des amygdales) ou de tests de coagulation, même si lors de ce dernier test les roux ont eu légèrement plus d’ecchymoses que les autres. Au sujet de la douleur, une étude a montré que les porteurs du gène MC1R sont plus sensibles aux anesthésiants opiacés, mais moins à d’autres types, notamment les injections de lidocaïne.

Les quatre chirurgiens qui ont pris part à l’étude concluent:

«Il semblerait que la réputation des personnes rousses d’avoir des risques péri-opératoires plus élevés soit sans fondement factuel et est uniquement utilisée en dernier ressort par des chirurgiens voulant expliquer des saignements problématiques ou des hernies récurrentes.»

Photo: Lily Cole/Reuters

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