Economie

Les villes, prochaines victimes de la crise de la dette

Slate.fr, mis à jour le 21.12.2010 à 10 h 47

Le sort des pays endettés comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande ou encore l’Espagne occupe la une des journaux depuis de nombreuses semaines. Mais la crise de la dette qui a déjà fait vaciller plusieurs pays et de nombreuses banques menace une autre sorte d’entités économiques, les villes, selon l’analyste Meredith Withney.

Pour Withney, qui avait prédit la crise du crédit américaine et qui est une des analystes les plus écoutées des Etats-Unis, la dette locale et des Etats est le plus gros problème de l’économie américaine, et pourrait même entraver la reprise économique. Elle a expliqué dans l’émission 60 Minutes de CBS:

«Après le logement, c’est le problème le plus important pour les Etats-Unis et sans doute la plus grosse menace pour l’économie américaine. Pour moi, il ne fait pas de doute que nous allons assister à une série de faillites municipales. J’en vois de 50 à 100 potentielles.»

Les villes américaines ont une dette cumulée de 1.000 milliards de dollars, tandis qu’en Europe, les emprunts des gouvernements locaux et régionaux devraient atteindre la somme record de 1.300 milliards d’euros. La semaine dernière, l’agence de notation Moody’s a mis en garde contre une dégradation de la note de Florence et de Barcelone, et a abaissé la note du Pays basque espagnol. L’agence Standard & Poor’s a dégradé Lisbonne, tandis que les dettes de Naples et de Budapest sont déjà proches de ne plus rien valoir, et celle d’Istanbul a déjà atteint ce statut. Venise a été forcée de vendre certains de ses palaces pour combler son déficit.

La ville de Detroit, qui est au bord de la faillite depuis presque deux décennies, n’a plus assez d’argent pour fournir des services à toute la ville, et a coupé les budgets de la police, de l’éclairage, de l’entretien des routes ou encore des services de nettoyage. Pour Business Insider, le plan du maire Bing «laisserait 20% de la ville aux mains des gangs et des sans-abris». Les villes françaises ne sont pas en reste: selon le classement 2011 des villes françaises les mieux gérées récemment repris par Challenges, des grandes villes comme Nice, Nantes, Saint-Etienne ou encore Marseille connaissent de grosses difficultés. «La ville du maire UMP Jean-Claude Gaudin affiche une dette de 1,8 milliard d'euros, représentant 185% de ses recettes annuelles de fonctionnement, un record national», note le site économique.

Andres Rodriguez-Pose, professeur de géographie économique à la London School of Economics, explique dans les colonnes du Guardian:

«Les villes sont toutes seules. Les gouvernements ne vont pas venir à la rescousse parce qu’ils ont leurs propres problèmes. Les villes vont devoir payer leurs dettes, et dans certains cas faire des coupes budgétaires spectaculaires, comme à Detroit.»

Photo: La ville de Detroit, REUTERS/Mike Cassese 

Nice, Nantes, Saint-Etienne et bien sûr Marseille
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