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Science: une femme qui ne connaît pas la peur

SM n'a peur de rien. Elle peut porter des serpents, regarder le Blair Witch Project suivi de Shining et d'Arachnophobia sans ciller, et finir sa journée par la visite d'une maison hantée.

Cette mère de famille de 44 ans n'est pas une psychopathe, rassure immédiatement l'Associated Press. Mais une maladie génétique a abimé le complexe amygdalien de son cerveau, entraînant ce trouble psychologique. Cette maladie est extrêmement rare rapporte Science Blog, avec moins de 300 cas rapporté depuis sa découverte en 1929.

Des chercheurs se sont intéressés de près à SM et ont étudié son manque de peur en l'exposant à des situations éprouvantes avant d'observer son comportement et de lui demander de noter son niveau de peur.

Alors qu'elle a dit haïr les serpents et les araignées, elle a porté un serpent pendant plus de trois minutes, en caressant ses écailles et en touchant sa langue. Des employés ont dû l'empêcher de toucher une tarantule. Niveau de peur: 2. Direction ensuite une maison hantée, avec cinq autres femmes inconnues, qui ont crié régulièrement pendant la visite. Mais SM marchait en tête. Non seulement les «monstres» ne lui ont pas fait peur, mais c'est elle qui a effrayé l'un d'entre eux quand elle a touché son masque par curiosité. Niveau de peur: 0.

SM est en fait une habituée des expériences scientifiques: plusieurs chercheurs ont étudié son cas ces 20 dernières années, et ont par exemple montré qu'elle a du mal à reconnaître une expression faciale de peur chez les autres. Elle ressent d'autres émotions que la peur, ses scores sont normaux aux tests d'intelligence, de mémoire et de langage. Elle mène une vie normale, sauf que son manque de peur la place régulièrement dans des situations dangereuses, au point que les chercheurs estiment remarquable le fait qu'elle soit encore en vie.

Pour les scientifiques en charge de l'étude la plus récente, son cas montre que l'amygdale joue un rôle clé dans le sentiment de peur déclenché chez les gens dans des situations menaçantes. Une autre chercheuse qui étudie également le cerveau et les émotions a modéré l'enthousiasme des scientifiques, en expliquant qu'elle n'a trouvé aucun signe de ce manque de peur chez une autre femme avec le même problème au cerveau. Une hypothèse avancée serait que la différence vient du niveau où en était le développement du cerveau quand l'amygdale s'est détériorée.

Photo: The Other Side of the Fear is the Freedom/jonycunha via Flickr CC License by

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