Monde

Holbrooke: «Il faut cesser la guerre en Afghanistan»

Slate.fr, mis à jour le 15.12.2010 à 9 h 38

Presque immédiatement après sa mort lundi 13 décembre, les derniers mots du diplomate américain Richard Holbrooke ont fait le tour d’Internet: «Vous devez arrêter cette guerre en Afghanistan.» Mais selon le département d’Etat, la citation a été prise hors contexte: un porte-parole a affirmé que Holbrooke plaisantait avec ses docteurs, et n’était pas en train de donner des conseils de politique étrangère.  

Le Washington Post précise le contexte de la citation: la docteure qui s’occupait de lui lui a conseillé de se calmer et lui a demandé ce qu’elle pouvait faire pour le conforter. Holbrooke, qui souffrait de douleurs intenses, a répondu en plaisantant qu’il était difficile de se calmer à cause de la situation en Afghanistan et au Pakistan. Quand la docteure lui a répondu qu’elle s’inquiétait plutôt pour lui, il lui aurait dit d’arrêter la guerre.

Les observateurs se demandent pourquoi ce diplomate à la carrière impressionnante et ancien envoyé spécial au Pakistan et en Afghanistan aurait choisi de partir sur cette note. Foreign Policy écrit que si Holbrooke était «officiellement optimiste» à propos de la guerre, «il avait clairement de sérieux doutes».

Le célèbre journaliste d’investigation Bob Woodward, connu pour son rôle dans le scandale du Watergate, attribue cette citation à Holbrooke: «S’il y a dix issues possibles en Afghanistan, neuf d’entre elles sont mauvaises.» Foreign Policy rajoute que Holbrooke a exprimé des doutes quant à l’envoi de 40.000 soldats en Afghanistan, estimant que 20.000  seraient suffisants, et qu’il n’était pas toujours d’accord avec Obama ou ses conseillers à la sécurité nationale sur l’effort de guerre toujours plus important.

Reste à savoir comment sa mort va affecter la politique étrangère des Etats-Unis. Obama a rencontré ses conseillers mardi 14 décembre pour passer en revue la stratégie de guerre en Afghanistan, et les experts se demandent si la Maison Blanche va (ou devrait) continuer avec sa stratégie actuelle. Alors que les efforts américains sont compliqués par la corruption, la barrière de la langue et des dirigeants peu fiables, le Washington Post écrit que la mort d’Holbrooke enlève «la colle qui maintenait la campagne unie».

Photo: Richard Holbrooke en septembre 2010, REUTERS/Brendan McDermid

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