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La «Belle au bois dormant» est britannique

Dormir plusieurs jours d’affilée, c’est un peu le rêve de tous ceux qui ont du sommeil en retard. Pour Louisa Ball, jeune Britannique atteinte du syndrome de Kleine-Levin, c’est une véritable malédiction.

En 2008, alors âgée de 14 ans, l’adolescente s’est endormie pendant dix jours entiers. Cette «hypersomnie» avait été précédée par un comportement étrange, explique Louisa à BBC News:

«Je ne savais pas ce que je faisais, ce que je disais, tout le monde pensait “hé, ça n’est pas normal”. J’avais des hallucinations et après, je ne me souvenais de rien. D’un coup, tout est devenu un trou noir et je me suis endormie pendant 10 jours. Quand je me suis réveillée, j’étais à nouveau normale.»

La première fois que Louisa s’est endormie aussi longtemps a été très éprouvante pour ses parents, Rick et Lottie, raconte le Daily Mail«Cela nous a vraiment fait peur, nous ne savions pas quoi faire. C'était comme si Louisa n'était pas la fille que nous connaissions, mais une autre personne

«C’était très bizarre, se souvient Louisa, personne ne comprenait ce qui se passait, on pensait juste que ça n’allait plus jamais arriver. Et puis, quatre semaines après, c’est arrivé de nouveau.»

Très vite, l'histoire de Louisa a fait le tour des médias britanniques. La chaîne américaine Fox News lui a même consacré une émission, où on voit cette cette «Belle au bois dormant» répondre aux questions en direct de Londres. 

Selon les médecins, Louisa est atteinte du syndrome Kleine-Levin. Ce syndrome, dont les symptômes durent 10 à 15 années avant de disparaître progressivement, met normalement quatre ans à être diagnostiqué et ne touche habituellement que les adolescents de sexe masculin. Il a été découverte par Willi Kleine –un neurologiste de Frankfurt– et Max Levin –un psychiatre de New York– qui ont identifié, de 1925 à 1936, chez leurs patients des symptômes similaires à ceux de Louisa: un nombre d’heures excessif passées à dormir, de l'agressivité, une impression d’être systématiquement à côté de la plaque, et une sorte de boulimie alimentaire.

«Des symptômes qui peuvent être confondus avec ceux d’une adolescence normale», remarque BBC News. Ce qui explique pourquoi si peu de cas ont été recensés depuis l’identification du syndrôme Kleine-Levin.

Petit à petit, sa famille a appris à reconnaître les symptômes qui précèdent une nouvelle phase d'hypersomnie. Mais ces «crises de sommeil» restent difficiles à prévoir, raconte sa mère au Daily Mail. Ce qui rend difficile de gérer la maladie au quotidien.

Surtout au collège. Au début, ses professeurs ne comprenaient pas ses disparitions soudaines, se souvient Louisa. Au cours de ses GCSE (l’équivalent du brevet des collèges au Royaume-Uni), la jeune fille s’est soudainement endormie et a manqué la moitié des épreuves.

Cela fait maintenant 13 semaines que Louisa n’a pas vécu de nouveau cas d’hypersomnie. «C'est promettant», confie son père au Daily Mail. «Nous espérons que ses crises seront moins sévères et lui permettront de bien vivre sa vie.»

Amusée, Louisa remarque: 

«C’est bizarre –maintenant que j’ai quitté le collège, je n’ai pas eu de nouvelle crise. [Mes anciens professeurs] doivent sûrement penser que je faisais semblant!»

Photo: Sleeping / pedrosimoes7 via Flickr CC License by

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