Monde

Un seul noir admis à Oxford l'année dernière

Slate.fr, mis à jour le 07.12.2010 à 16 h 19

Au Royaume-Uni, il y a très peu de noirs parmi ceux qui représentent l’élite de demain, les étudiants d’Oxford et de Cambridge. Les deux meilleures et plus prestigieuses universités du pays vont chercher leurs étudiants dans des groupes socio-économiques et raciaux qui ne comptent pas beaucoup de noirs ou de pauvres, selon les données d’inscription officielles des universités, rapporte The Guardian.  

Un seul élève de la catégorie «noir caribéen» a été admis à Oxford l’année dernière, une tendance que partagent les deux meilleures universités britanniques. Vingt des «collèges» (l’équivalent de départements) qui composent les universités de Cambridge et d’Oxford n’ont offert aucune place à des candidats noirs en premier cycle (l’équivalent de la licence) l’année dernière.  

Le pittoresque Merton College, qui occupe systématiquement les premières places aux classements académiques des premiers cycles d’Oxford, n’a pas accueilli un seul étudiant noir depuis cinq ans. Les statistiques, qui ont été publiées à la suite d'une demande du député du Parti travailliste David Lammy en vertu de la loi sur la liberté d’information, montrent que 89% des étudiants de premier cycle d’Oxford viennent de la haute société ou des classes moyennes.

De telles données sont impossibles à réunir en France, où la collecte de statistiques ethniques est toujours interdite par la loi. Le Comité pour la mesure de la diversité et l'évaluation des discriminations (Comedd) a remis vendredi 5 février 2010 à Yazid Sabeg, commissaire à la diversité, un rapport consensuel sur le sujet, estimant qu’il n’y avait nul besoin de changer la législation française, qui autorise déjà le traitement de données ethniques et raciales dans certains cas précis.

Les données britanniques montrent aussi qu’il n’y a aucun noir parmi les 1.500 universitaires et employés de laboratoire de Cambridge. Sur les 452 noirs qui ont reçu les notes suffisantes pour pouvoir postuler à une place à Oxford l’année dernière, moins de la moitié ont posé une candidature, et ceux qui ont fait la démarche l’ont faite pour les matières les plus compétitives où le taux d’admission est le moins élevé, comme les mathématiques ou la médecine.

Photo: Des étudiants de Cambridge après leur remise de diplôme en octobre 2009, REUTERS/Paul Hackett 

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