Assange est poursuivi pour «sexe par surprise», pas pour viol

Quand Interpol a émis un mandat d’arrêt contre le fondateur de Wikileaks Julian Assange,  l’agence de police internationale l’accusait de «crimes sexuels» sans plus de précisions, déclenchant une vague de rumeurs selon lesquelles Assange serait accusé de viol. C’est faux. Le Washington’s Blog écrit:

«Il se trouve que c’était pour violation d’une obscure loi suédoise sur le sexe sans préservatif

Lors d’un voyage d’affaires à Stockholm en août dernier, Assange a eu des relations sexuelles non protégées avec deux femmes (un compte-rendu étrange et douloureusement détaillé est disponible sur le site du Daily Mail) qui, après s’être rendu compte qu’elles venaient de faire l’amour avec «le» Assange de Wikileaks, ont contacté la police ensemble pour se plaindre de son refus de faire un test de dépistage de maladies sexuellement transmissibles.

A l’époque, l’avocat suédois d’Assange avait confirmé que «la principale inquiétude que les femmes avaient sur le comportement d’Assange… était son manque d’intérêt dans l’utilisation d’un préservatif et son refus de se faire tester à leur demande, pour des maladies sexuellement transmissibles.» (En fait, Assange a utilisé un préservatif avec l’une d’entre elles, mais il s’est déchiré).

Il s’agit apparemment d’une zone d’ombre dans la loi suédoise. Si «le consentement des deux femmes a été confirmé par le procureur», comme l’écrit un ancien avocat du fondateur de Wikileaks dans une tribune passionnée, Assange est poursuivi pour un délit appelé «sexe par surprise», qui serait passible d’une amende de 715 dollars (536 euros) selon lui.

L’avocat londonien d’Assange Mark Stephens assure que la justice n’a pas encore expliqué les chefs d’accusations ou rencontré le patron de Wikileaks pour en discuter, ce qu’il a pourtant accepté de faire. Stephens écrit:

«Quoique veuille dire “sexe par surprise”, c’est un délit seulement en Suède, et non au Royaume-Uni, aux Etats-Unis ou même à Ibiza. J’ai l’impression d’être dans un film suédois étrange et de me faire menacer par des trolls bizarres.»

Par ailleurs, le gouvernement fédéral américain enquête actuellement pour savoir si Julian Assange a enfreint la loi américaine en publiant des documents diplomatiques, rapporte le Washington Post. Le ministre américain de la Justice, Eric Holder, a déclaré lundi 29 novembre que son ministère et le Pentagone mènent une «enquête criminelle active et en cours» sur les activités de Wikileaks.

Photo: Waiting / meddygarnet via Flickr License CC by

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