Strauss-Kahn, 2e du classement des «penseurs mondiaux»

Les signes de l’avènement du reste du monde face à la toute-puissance américaine ont été nombreux en 2010, qu’il s’agisse de la nouvelle assurance de la Chine ou de la diplomatie impatiente de nouvelles puissances comme le Brésil ou la Turquie. Le classement des 100 «penseurs mondiaux» [global thinkers] du site spécialisé sur l’analyse des relations internationales Foreign Policy (FP, qui appartient au groupe Slate), publié pour la deuxième année, reflète ces changements dans l’ordre mondial. Si on retrouve à la première place ex-æquo les milliardaires et philanthropes américains Warren Buffet et Bill Gates, le classement récompense des économistes comme Nouriel Roubini (12e), des chefs d’Etat comme Barack Obama (3e) et Angela Merkel (10e) ou encore le gouverneur de la banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan (4e).

Côté français, le directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn se place sur la 2e marche du podium, ex-æquo avec Robert Zoellick, le patron de la Banque mondiale. Le socialiste français a «réussi à empêcher la faillite de la Grèce, de la Hongrie, du Pakistan et de l’Ukraine sans entraîner trop de résistance» et a «imposé sa marque sur la géopolitique en convaincant l’Allemagne de s’impliquer pendant la crise grecque et en participant à empêcher une guerre monétaire internationale».

Christine Lagarde, qui avait été désignée meilleure ministre des Finances européenne en 2009 par le Financial Times, est la 2e Française du classement (22e). «Dans une année où l’austérité a régné, une femme a réussi à imprégner une série de mesures extrêmement impopulaires avec autorité morale et habileté intellectuelle», écrit FP.

Quatre femmes se partagent la 32e place pour avoir «mis le vert au goût du jour», une Belge, une Allemande, une Brésilienne et la Française Cécile Duflot, «considérée comme une faiseuse de roi pour la campagne présidentielle de 2012 et [qui] a récemment emmené les Verts français à de bons résultats aux élections européennes et régionales». L'économiste française Esther Duflo est à la 38e place.

Et Nicolas Sarkozy? Eh bien le president français ne figure pas dans le classement.

En revanche, Jacques Attali (cofondateur de Slate) occupe la 47e place. «Quand la crise de la dette est apparue en Grèce, en Irlande et ailleurs cette année et que beaucoup prédisaient la fin de l’euro, Jacques Attali, qui était présent à la création de la monnaie, est resté calme et a conseillé plus d’intégration économique, insistant sur le fait que le désastre a toujours provoqué le progrès dans l’Union européenne», écrit FP, qui souligne la série de mesures «politiquement incorrectes mais économiquement vitales» proposées par la commission qui porte son nom.

Photo: Dominique Strauss Kahn par World Economic Forum via Flickr

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