Wikileaks: bientôt une fuite sur une grande banque américaine?

Sur quoi portera la prochaine fuite de WikiLeaks? Julian Assange, le fondateur de l’organisation, lève le voile sur la réponse dans une interview-fleuve au magazine économique Forbes: cela pourrait être une grande banque. Dans cet entretien réalisé deux semaines avant le Cablegate, Julian Assange affirme que 50% des documents dont il dispose ont trait au secteur privé et estime que leur publication pourrait «tirer vers le fond une banque ou deux». Et on devrait vite savoir lesquelles, puisqu’Assange affirme avoir une «mégafuite» en vue de dizaines de milliers de documents «en rapport avec une banque».

S’ensuit ce dialogue:

«Est-ce que cela concerne une banque américaine?
— Oui, une banque américaine.
— Une qui existe toujours?
— Oui, une grande banque américaine.
— La plus grande banque américaine?
— Je ne commenterai pas là-dessus. [...]
— Qu’attendez-vous de cette publication?
— Je n’ai pas encore d’idée fixée. Je suppose que cela donnera une vision réelle et représentative de la façon dont les dirigeants des banques se comportent, d’une façon qui stimulera des enquêtes et des réformes. [...] Oui, il y aura des révélations sur des violations des règles et des pratiques non éthiques, mais on verra aussi tout le processus de décision et la psychologie des dirigeants en interne»

Même si les fuites sur les mémos diplomatiques américains ont quelque peu déçu, le nombre de documents en ligne s’avérant pour l’instant très limité, cette interview devrait susciter une attente fébrile dans la communauté financière, comme en témoigne la réaction du blogueur Kevin Drum sur Mother Jones:

«Je suis un peu tiraillé sur l’utilité de la publication en masse de milliers de mémos diplomatiques américains. Après tout, les gouvernements ont un besoin légitime de confidentialité. Mais quand j’ai appris cette fuite financière planifiée, je n’ai pas ressenti cette gêne. Une énorme fuite de documents internes d’une grande banque? Envoyez!»

Quelle sera la banque concernée par cette fuite annoncée? Sur Dealbreaker, un des blogs financiers les plus lus et les plus craints de Wall Street, un commentateur ressort un article d’octobre 2009 de Computerworld où Julian Assange affirme disposer de 5 giga-octets de données sur Bank of America, la plus grande banque américaine en termes d’actifs, très touchée par la crise en raison du rachat de la banque d’investissement Merrill Lynch.

Les réponses du dirigeant à l’interview permettent effectivement d’écarter les banques qui ont disparu avec la crise financière (Lehman Brothers, Merrill Lynch, Bear Stearns...) mais laissent augurer d’une fuite concernant un grand établissement de banque de détail (Citigroup, JPMorgan Chase, Bank of America) ou de banque d’affaires (la très critiquée Goldman Sachs ou Morgan Stanley).

Photo: les patrons de Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Morgan Stanley, Lloyd Blankfein, Jamie Dimon et John Mack, lors d'une audition au Congrès en janvier 2010. REUTERS/Jason Reed.

Pour mieux vous retrouver dans cette masse de documents qui jettent une lumière crue sur la diplomatie mondiale, Slate.fr, en partenariat avec Owni.fr et LeSoir.be, vous propose de suivre les développements du dossier grâce au live-blogging assuré par Owni ainsi que grâce à une application développée pour l'occasion.

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