Monde

Wikileaks: la Chine prête à lâcher la Corée du Nord

Slate.fr, mis à jour le 30.11.2010 à 10 h 27

Selon des câbles diplomatiques fuités par Wikileaks, le vice-ministre des Affaires étrangères chinois a confié à des responsables américains que la Corée du Nord s’était comportée comme un «enfant gâté» pour attirer l’attention des Etats-Unis en avril 2009 après des envois de missiles. Selon une autre note de l’ambassadeur américain en Corée du Nord, le vice-ministre des Affaires étrangères de Séoul affirme que deux membres importants du Parti communiste chinois lui ont confié qu’ils soutiennent une réunification de la Corée sous le contrôle du Sud, rapporte le Guardian. Le même diplomate a confié à l’ambassadeur américain que la jeune génération du Parti communiste chinois ne considère plus la Corée du Nord comme un allié fiable et ne risquerait pas un conflit armé sur la péninsule.

Ces révélations, qui interviennent alors que la tension entre les deux Corées a atteint de nouveaux sommets, sont peut-être celles qui trahissent le plus gros écart entre le discours officiel et la vraie vision d’une très grande puissance, la Chine.

La Corée du Sud a annulé l’exercice d’artillerie qu’elle avait prévu de mener sur la même île qui a subi une attaque nord-coréenne mardi 23 novembre. Les responsables sud-coréens ont déclaré que les exercices ont été annoncés de manière prématurée, avant d’avoir reçu l’aval des autorités militaires. Ils ont ajouté que l’annulation n’avait rien à voir avec l’attaque nord-coréenne sur l’île de Yeonpyeong, qui a fait quatre morts et 18 blessés, et qui répondait à un autre exercice militaire du même type (la Corée du Nord l’avait interprété comme une violation territoriale). La Chine n’a pas condamné officiellement l’attaque nord-coréenne.

Malgré l’exercice éclair mené par un sous-marin nucléaire américain et un destroyer sud-coréen près de l’île en question, le président Lee Myung-bak a fait sa première déclaration depuis l’incident lundi 29 novembre, mettant en garde la Corée du Nord contre toute nouvelle attaque: «Si le Nord commet une nouvelle provocation contre le Sud, nous nous assurerons qu’il en paye le prix fort.»

Alors que la tension s’accentue, la Chine a appelé à la reprise des négociations entre les six pays impliqués dans les discussions pour résoudre la querelle du nucléaire nord-coréen: la Chine, la Russie, les deux Corées, les Etats-Unis et le Japon.

Photo: Un visiteur devant le portrait de Kim Jong-il au mémorial coréen de la guerre, à Séoul, en mai 2010. REUTERS/Jo Yong-Hak

Pour mieux vous retrouver dans cette masse de documents qui jettent une lumière crue sur la diplomatie mondiale, Slate.fr, en partenariat avec Owni.fr et LeSoir.be, vous propose de suivre les développements du dossier grâce au live-blogging assuré par Owni ainsi que grâce à une application développée pour l'occasion.

- Un visiteur devant le portrait de Kim Jong-il au mémorial coréen de la guerre, à Séoul, en mai 2010. REUTERS/Jo Yong-Hak -
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